Cf. Dh suffrage, etc. passim et p. 'lO
« Celle brochure n'est qu'une esquisse très incomplète, et le remède (|u'elle indique serait fort insuflisant. V. dans le dernier chapitre du liégime moderne un plan plus complet, au moins pour la société locale » {S^ole inédile de Taine).
fondées sur les deux idées toutes nouvelles de la conscience et de l'honneur, ont développé en chacun de nous la conviction intime que l'individu est une personne morale, et comme telle, a des droits à faire respecter, en un mot que l'Etat est fait pour lui et non lui pour l'Etat. Et comme il n'est pas de régime où l'individu ait moins de garanties contre ses représentants que sous le régime démocratique vers lequel tendent aujourd'hui toutes les sociétés civilisées, il suit de là que « si dans toute constitution moderne, le domaine de l'Etat doit être borné, c'est dans la démocratie moderne, fondée sur la prépondérance du nombre qu'il doit être le plus restreint ^ ». Ce principe posé, tâchons de reconnaître les limites de l'Etat. Historiquement et logiquement, il a pour fonction unique « de protéger les propriétés et les vies » contre les ennemis du dedans et du dehors : tout ce qui l'aide à réaliser son œuvre, il a le droit, de par le contrat tacite qui existe entre lui et moi, de l'exiger de moi ; tout ce qu'il exige au delà, j'ai le droit de le lui refuser. 11 ne doit m'imposer ni sa religion, ni sa philosophie, ni sa morale, ni telle forme politique ou sociale ; mais en revanche, je lui dois l'impôt nécessaire à ses dépenses et le service militaire en cas de guerre défensive. Chargé de limiter les droits de chacun pour empêcher les conflits, il règle et contrôle la propriété privée, la famille et la vie domestique ; mais que, sous prétexte de veiller à l'intérêt commun, il n'aille pas plus loin ; qu'il n'empiète pas sur l'intérêt de chacun ; que, partout où les particuliers peuvent remphr ses fonctions, il se démette des siennes : le sentiment de la liberté individuelle est si fort chez l'homme moderne que la pleine extension de cette liberté est devenue son premier besoin et le souci de la conserver son premier devoir : dès qu'on la gêne, on l'opprime, et si c'est l'Etat qui exerce celte contrainte, son oppression est tyrannie. « Même à ne considérer les hommes que comme de simples producteurs de valeurs et de services », la communauté, le fait est prouvé, a tout à gagner à ce que toutes les œuvres importantes