Hévol., t. III, p
soient livrées à Tiniliative individuelle, et non laissées à celle do l'Etat ^ Ce qui lui re\icnt, ce sont « les offices que jamais les particuliers ne revendiqueront pour eux » (force armée, levée des impôts, exécution des lois, etc.) ; « les besognes dont l'accomplissement importe directement à tous sans intéresser directement personne » (administration de la voie publique, commission de traiter au nom de la communauté avec les corps locaux ou spéciaux, etc.) ; quelques collaborations facultatives et spéciales (subventions, précautions d'hygiène, interventions discrètes et à longue échéance pour pi'éparer le bien-être futur). Encore, dans ce derniei" cas, doit-on suivre la règle suivante pour délimiter le rôle respectif de l'Etat ou des particuliers : « Si une fonction a pour des particuliers isolés ou associés un intérêt direct, et pour la communauté un intérêt indirect, elle convient et appartient aux particuliers, non à l'Etat. Au contraire, si la fonction a pour la communauté un intérêt direct, et pour les particuliers isolés ou associés un attrait et un intérêt indirects, elle convient et appartient à l'Etat, non aux particuliers ^. » Ainsi donc, protéger et défendre avec un soin presque jaloux, avec autant de vigilance que de réserve la liberté individuelle, tel est l'office unique de l'Etat moderne : à ce prix seulement, il ralliera autour de lui les volontés et les sympathies de tous. C'est à cette conception tout individualiste qu'aboutissent les théories politiques de M. ïaine. Ici encore, on ne lui reprochera pas de décourager les efforts individuels '\
On ne reprochera pas non plus à M. Taine d'avoir, par ses théories esthétiques, opprimé le talent et découragé l'originalité naissante des jeunes artistes qui lécoutaient à l'Ecolo des beaux arts, si l'on se rappelle les paroles par les-