Idéal dans l'art, p
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une règle de subordination qui assigne des rangs au\ diverses œuvres d'art ». Au ])r('niier regard, il semble que ce soit une chimère, puisque, d'après la définition de l'idéal, tout objet devient idéal qui est conforme à une idée : peu importe ridée, semble-t-il, elle dépend du goût individuel de l'artiste. C'est en eiïet ce-tjue paraît établir l'histoire de l'art qui nous montre que les mêmes types peuvent être incessamment renouvelés, et d'une manière toujours supérieure, par les idées individuelles des grands artistes ; et il semble dès lors que la sympathie critique doive assigner à toutes CCS œuvres le même rang. Mais il n'en est rien (et ici nous retrouvons non pas le négateur empiriste qu'on a tant condamné ' dans M. Taine et qui n'existe peut-être pas, mais le métaphysicien épris en tout d'ordre et d'unité) ; « dans le monde imaghiaire, comme dans le monde réel, il y a des rangs divers, parce qu'il y a des valeurs diverses ». Et pour déterminer l'échelle de ces valeurs esthétiques diverses, il suffit de dresser l'échelle des valeurs morales correspondantes dans la réalité que l'art a la prétention et le devoir d'imiter et de traduire. Or, dans la réalité, il y a des caractères plus ou moins durables parce qu'ils sont plus ou moins profonds : il y a ceux qui dui'cnt pendant toute une mode, c'est-à-dire trois ou quatre ans ; pendant une demi-période historique, c'est-cà-dire trente ou quarante ans, celle du romantisme par exemple ; pendant une période historique complète, le moyen âge, la Renaissance. Enfin, situés plus bas encore et partant plus solides, il y a les caractères propres à tout un peuple, à toute une race. »< à toutes les races supérieures et capables de civilisation spontanée ». Et suivant que l'artiste aura pris pour caractère dominateur de son œuvre tel ou tel de ces caractères, son œuvre aura la durée et par suite la valeur esthétique correspondant à la durée et à la valeur morale que possèdent dans la réalité ces caractères distinctifs. — Cette première échelle dévaluations posée, il y en aune seconde, fondée non plus sur le degré d'importance, mais sur « le degré de bienfaisance du caractère».
I. Cf. Revue etiropéenne, IhOl, t. Il : Caro, M. Taine et la renaissance du rinluratifnie ; — P. Jaucl, La crise. i)/tilosopftiqtte : M.Taine.
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M. Taine entend par caractère bienfaisant « celui qui est plus capable qu'aucun autre de contribuer à la conservation et au développement de l'individu vX du groupe dans lequel il est compris * ». « Toutes choses égales d'ailleurs, l'œuvre qui exprime un caractère bienfaisant est supérieure à l'œuvre qui exprime un caractère malfaisant. « Ce degré de bienfaisance, c'est-à-dire, dans l'individu, la puissance plus ou moins grande de comprendre et de vouloir, dans la société, la puissance plus ou moins grande d'aimer, c'est la morale qui le détermine, et, notons ce point, c'est dans la pensée de M. Taine, bien plutôt à la morale antique, et en particulier à la morale stoïcienne qu'à la morale des modernes qu'il conviendrait de s'adresser pour cela. Par cette théorie, toute la morale rentre dansTesthétique et, par un curieux retour de fortune, le philosophe qui a écrit la phrase célèbre, si maladroitement comprise, sur la vertu et le vice comparés au sucre et au vitriol -, l'ancêtre, peut-être involontaire, du naturalisme contemporain, a fait dans l'art plus de place à la morale que le rigide auteur de la Raison pratique f le véritable père des théories modernes de l'art pour l'art '. Il est vrai d'ajouter que M. Taine ne s'en tient pas là et a recours à un troisième critérium qu'il appelle « le degré de convergence des effets». Pour que le caractère bienfaisant et important soit exprimé dans l'œuvre d'art avec tout le relief et toute la puissance qui font seule la supériorité relative de l'art sur la nature, il faut que l'artiste subordonne à ce dessein tous les autres, qu'il y emploie tous les éléments de son œuvre, qu'il en fasse en un mot converger tous les effets. C'est dire que les œuvres d'art sont d'autant plus belles que le caractère bienfaisant « s'imprime et s'exprime en elles avec un ascendant plus universellement dominateur ». Et par là sont réintégrées dans l'idéal esthétique toutes les qualités de forme et de composition sans lesquelles il n'y a dans les œuvres d'art que de bonnes in-