LUI. angl., IV, p
science, indéfiniment élargi et épuré, et qui peut devenir par excellence dans les pays latins la religion de ceux qui, sous Voltaire et Rousseau, avaient adopté le déisme ». S'il résiste à cette attaque, il n'aura plus rien à craindre : « toujours la difficulté de gouverner les démocraties, la sourde anxiété des cœurs tristes ou tendres, l'antiquité de la possession » lui assureront des partisans, des recrues ou des fidèles '. Et, de fait, l'histoire de l'Eglise en France au XIX® siècle est loin de donner un démenti à cette dernière opinion : « en France, écrit récemment M. Taine, le christianisme intérieur, par le double effet de son enveloppe catholique et française, s'est réchauffé dans le cloître et refroidi dans le monde" ». — Mais, pour tous ceux qui pensent, pour tous ceux qui veulent aller jusqu'au bout de leur raison, et à qui la raison suffit, la rupture est irrémédiable : il y a un désaccord trop « énorme » entre « le tableau d'après nature » que nous présente la science et « celui que nous présente l'Eglise catholique ^ ». « Les diverses réponses des artistes et des bourgeois, des chrétiens et des mondains » aux douloureuses questions qu'agite la conscience contemporaine sont superficielles et illusoires \ « Il y en a une plus profonde, réponse étrange, que Goethe a faite le premier : « Tâche de te comprendre et de comprendre les choses ». Longtemps encore les hommes souffriront de leurs maux présents ; mais ils peuvent guérir leur intelligence, et préparer par là à leurs descendants « des âmes plus saines, et un bonheur dont eux-mêmes ils ne jouii'ont jamais ». Car « la science approche enfin, et approche de l'homme ; elle a dépassé le monde visible, c'est à l'àme, qu'elle se prend » aujourd'hui. De là sortira toute une conception nouvelle du monde que déjà nous entrevoyons. « Dans cet emploi de la science et dans cette conception des choses il