‹ La philosophie de TaineChapitre 7 sur 37 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

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ces, elle a réconcilié la foi et la raison, en rendant cette dernière capable d'atteindre par l'abstraction les causes premières, d'un seul mot, de saisir l'absolu et par conséquent le divin. Mais les Allemands ont voulu construire trop vite ; ils n'avaient pas assez éprouvé leurs matériaux ; ils ont abusé de la formule et de l'hypothèse, et sous la ruine des systèmes, leur admirable conception de la nature et de la science a failli périr étoutfée*. — C'est alors qu'intervient le rôle de la pensée française : de même que l'Angleterre aura pour fonction, dans Tœuvre de la science nouvelle, de passer au crible les idées allemandes, la France aura pour fonction de les préciser. Intermédiaire par son génie comme par sa position géographique entre l'Angleterre et l'Allemagne, la France est faite pour tempérer l'un par l'autre les deux esprits. Le Français ne s'élève que pas à pas, avec toutes les précautions de la logique classique, aux vastes conceptions allemandes ; mais si sa marche est plus lente, elle est aussi plus sûre, et, ce qui vaut mieux encore, elle aboutit ". Dégagée des langes de l'éclectisme, élevée à l'école de l'analyse du XVIIP siècle ^ appuyée sur les dernières découvertes des sciences positives, affinée par la littérature et la culture parisienne ^, la critique .française doit repenser les idées d'Outre-Rhin et les revêtir du style universel et limpide qui est celui de notre race, ce qui équivaut presque à les découvrir. C'est à une œuvre de ce genre que s'est voué « l'esprit le plus délicat, le plus élevé qui se soit montré de nos jours », M. Renan. Et nous pouvons, en changeant un peu les épithètes, mais sans modifier les éloges, dire la même chose de M. Taine.

Car lui non plus, comme les Allemands, ne peut se résigner à ce qu'on a spirituellement appelé le jeune métaphysique. Cette recherche des causespremières, objet de l'ancienne

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