‹ La philosophie de Victor Hugo...: philosophie générale, théorie du progrès, applications socialesChapitre 23 sur 37 · LE PROGRES D APRES VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

LE PROGRES D APRES VICTOR HUGO

Le monde est le théâtre d'une lutte entre les forces du bien et celles du mal, l'attraction divine trouvant une re'sistance dans la matière, l'ombre, dans toutes les fatalités déchaînées par la chute originelle, mais le progrès est possible parce que dans l'opposi-' tion entre les deux tendances qui sollicitent les êtres, celle qui les meut vers Dieu l'emporte au fond sur la seconde, de sorte que dans sa généralité, et en dépit des régressions partielles, le monde se trouve poussé en avant par la force des choses. 11 y a donc là un côté extérieur, automatique, du progrès, qui dérive de l'attrait nécessaire exercé par l'idéal et qui se traduit sous forme de lois naturelles ; mais le progrès doit être conquis sur les puissances mauvaises, et à cet égard il présente un côté interne, spontané, dû à l'effort propre des êtres pour reconquérir leur plénitude d'énergie spécifique.

De la combinaison de ces deux éléments naît l'évolution progressive avec son caractère moral, et, à proprement parler, Iç progrès. Sans l'effort personnel, que symbolise l'idée de rachat, pas de mérite ; sans la tendance immanente des choses vers une façon d'être plus complète, l'effort individuel resterait isolé et stérile. A partir de l'homme, le progrès est l'évolution devenue consciente et libre.

Ces explications préliminaires, qui découlent des doctrines examinées dans les chapitres antérieurs, vont trouver leur confirmation dans les applications que fait Victor Hugo de la loi de progrès au monde et à l'humanité.

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