‹ La philosophie de VoltaireChapitre 149 sur 196 · DE VOLTAIRE ^ AU PRINCE ROYAL DE PRUSSE · texte numérisé non relu

DE VOLTAIRE ^ AU PRINCE ROYAL DE PRUSSE

A Cirey, le 20 mai 1738.

De ce petit chapitre de morale je volerai sur vos pas, si votre altesse royale le permet, dans Tabyme de la métaphysique. Un esprit aussi juste que le vôtre ne pouvait assurément regarder la question de la liberté comme une chose démontrée. Ce goût que vous avez pour Tordre et Tenchaînement des idées vous a représenté fortement Dieu comme maître unique et infini de tout ; et cette idée, quand elle est regardée seule, sans aucun retour sur nous-mêmes, semble être un principe fondamental d'où découle une fatalité inévitable dans toutes les opérations de la nature. Mais aussi une autre manière de raisonner semble encore donner à Dieu plus de puissance, et en faire un être, si j'ose le dire, plus digne de nos adorations, c'est de lui attribuer le pouvoir de faire des êtres libres. La première méthode semble en faire le Dieu des machines, et la seconde le Dieu des êtres pcnsans. Or ces deux méthodes ont chacune leur force et leurfail)lesse. Vous les pesez dans la balance du sage; et malgré le terrible poids que les Leibnitz et les Wolf mettent dans cette balance, vous prenez encore ce mot de Moula igue, quasais-jc? pour votre devise.

* Lellrp LIV.

UVUE II. — DE LA LIBERTÉ. ii'i

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