‹ La philosophie de VoltaireChapitre 178 sur 196 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

Réponses aux objections contre les principes d'une morale universelle. Preuve de cette vérité.

J'entends avec Cardan Spinosa qui murmure. ■Ces remords, me dit-il, ces cris de la nature, Ne sont que l'habitude et les illusions Qu'un besoin mutuel inspire aux nations. Raisonneur malheureux, ennemi de toi-même, D'où nous vient ce besoin? pourquoi l'Être suprême Mit-il dans notre cœur à l'intérêt porté Un instinct qui nous lie à la société ? Les lois que nous fesons, fragiles, inconstantes, Ouvrages d'un moment, sont partout différentes. Jacob chez les Hébreux put épouser deux sœurs; David, sans offenser la décence et les mœurs, Flatta de cent beautés la tendresse importune ; Le pape au Vatican n'en peut posséder une. Là, le père à son gré choisit son successeur. Ici, l'heureux aîné de tout est possesseur. UnPolaque à moustache, à la démarche altière, Peut arrêter d'un mot sa république entière. L'empereur ne peut rien sans ses chers électeurs. L'Anglais a du crédit, le pape a des honneurs : Usages, intérêts, cultes, lois, tout dilfcre. Qu'on soit juste, il sufOt; le reste est arbitraire K Mais tandis qu'on admire et ce juste et ce beau,

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