‹ La philosophie de VoltaireChapitre 188 sur 196 · LIVRE III. — DE LA MORALE · texte numérisé non relu

LIVRE III. — DE LA MORALE

Jéges, aux démoniaques, aux apparitions, aux inOuences des astres, à cent autres sottises pareilles : ne pourrait-il pas en être ainsi du juste et de Tinjuste?

Il me semble que non. Premièrement, il est faux que tous les hommes aient cru à ces chimères. Elles étaient, à la vérité, Taliment de Timbécillité du vulgaire, et il y a le vulgaire des grands et le vulgaire du peuple; mais une multitude de sages s'en est toujours moquée : ce grand nombre de sages, au contraire, a toujours admis le juste et Finjuste tout autant et même encore plus que le peuple.

La croyance aux sorciers etc. est bien éloignée d'être nécessaire au genre humain; la croyance à la justice est d'une nécessité absolue ; donc elle est un développement de la raison donnée de Dieu; et l'idée des sorciers etc. est au contraire un pervertissement de cette même raison.

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