‹ La philosophie de William JamesChapitre 5 sur 11 · II. — Influences préalables · texte numérisé non relu

II. — Influences préalables

Le meilleur moyen de comprendre un philosophe est de suivre autant que possible la genèse et le développement de ses idées, en les rattachant aux influences ambiantes dont elles sont issues soit par imitation, soit par contraste et réaction. 11 est à souhaiter qu'un disciple ou un ami de .lames bien au courant de ce que furent les circonstances de sa vie et les progrès de sa pensée, nous donne bientôt

une étude détaillée de ce genre. Mon incompétence m'oblige à m'en tenir à quelques grandes lignes, à une sorte de schéma trop fruste pour prétendre à une exactitude suffisante.

Deux influences principales antérieures à son entrée dans la carrière philosophique me paraissent s'être exercées sur William James et l'avoir façonné, dans le sens naturellement où le prédisposait déjà son génie spontané.

La première fut celle du foyer paternel. Un foyer de vieille tradition puritaine et de haute culture intellectuelle et morale. Le père de William, le révérend Henry James \ fut un théologien et écrivain distingué qui, à la suite d'une crise intérieure profonde, finit par trouver le repos dans les doctrines du grand voyant suédois Swedenborg, qu'il interprétait d'ailleurs à sa façon. Il était lié avec nombre des plus éminents penseurs des deux côtés de l'Atlantique, entre autres Carlyle et Emerson, que notre futur philosophe put ainsi connaître de près. Le caractère du révérend swédenborgien offrait un singulier mélange d'humour et d'austérité, de gaîté pétillante et de graves préoccupations religieuses, qui ne manque pas d'analogie avec ce qu'on rencontre chez William James. Nul doute que l'hérédité et l'exemple paternels n'aient été pour beaucoup dans le style et toute la manière de ce

* Voir The Literarj- Remains of Henry James. Edited with aa Introduction, by William James. Boston, 1885.

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