INTRODUCTION. XXIII
on lui a attribué des ouvrages de médecine, ce qui n'est pas certain. Mais ce qui Test, c'est qu'il appartenait à la famille des Asclépiades, c'est qu'il était fils de médecin, c'est qu'il était fort versé dans la médecine , ses livres en font foi. On peut donc affirmer qu'il avait , comme tous les philosophes avant lui , et à plus forte raison , un système médical , soit qu'il l'eût ou ne l'eût pas couché par écrit.
Épicure , pas plus que Démocrite, son maître, ne paraît avoir conçu l'univers à la ressemblance des êtres organisés, sous la forme d'un immense animal. C'est le point de vue physique qui domine ici. Le monde n'est qu'un assemblage de corps, formés par la rencontre et les combinaisons des atomes éternellement mobiles dans le vide éternel. Ce qui fait les êtres vivants, c'est au sein de corps autrement agencés des atomes d'une nature plus subtile ; ce qui fait les êtres pensants, c'est au sein des mêmes corps des atomes encore plus déliés. Si ces conceptions ne sont pas précisément celles d'un médecin, elles sont moins encore celles d'un philosophe qui ne serait que philosophe.
Le médecin se montre davantage, sans effacer le physicien, dans ce qu'on pourrait appeler la psychologie d'Épicure. Le principe vivant est distingué du principe pensant et répandu dans tout l'organisme, par cette raison que l'organisme vit dans toutes ses parties. Le principe pensant est renfermé dans la poitrine exclusivement, par cette raison que c'est là seulement que se font sentir le plaisir et la douleur, toutes les impressions en général. Et ces deux principes, qui sont l'âme sous ses deux formes, raisonnable et irraisonnable , étant composés de quatre