‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 15 sur 83 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

7rspt voonQ|ji.aT(i)v. Et ne peut-on pas supposer que Lucrèce s'est inspiré de ce traité à la fin du livre VI du De natura rerum (1), où il détermine l'origine des maladies, il serait plus exact de dire des épidémies, et décrit la terrible peste d'Athènes ? Il est certain que les explications du poëte latin sont absolument conformes à la physique épicurienne, puisqu'il rapporte les causes des maladies aux particules répandues dans l'air, les unes vivifiantes, les autres délétères, soit que ces dernières nous arrivent à travers les espaces, comme des nuages chargés de venin, soit qu'elles s'exhalent du sein de la terre, comme d'impures vapeurs.

Avec les stoïciens, nous retrouvons dans toute sa netteté et sa précision la conception biologique de l'univers. L'univers est un être organisé, animé, puissant, raisonnable. Tout ce qui est dans les parties est en lui, parce qu'il vient de lui ; et voilà pourquoi on ne peut lui refuser ni la vie, ni l'Ame, ni l'intelligence (2). C'est un animal parfait, comme dans le système platonicien , avec cette différence que cet animal parfait est Dieu môme. Et cet animal divin est si bien un animal, qu'il est le générateur des choses, la semence de laquelle tout s'engendre, suivant une loi rationnelle, Xcyo; aiuepixaTixiç (3). Un médecin matérialiste pourrait-il s'exprimer autrement et d'une manière plus précise et plus forte ?

Lorsque, au lieu d'expliquer le monde en général, les stoïciens considèrent l'homme spécialement, le

(1) V. 1089, jusqu'à la fin.

(2) Diog. Laerce, Vie de Zenon; — Cic, De nat. Deor., II, 6-8.

(3) Diog. Laerce, Ibid. — Stobée, Eclog., I, p. 372.

Page 1