‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 16 sur 83 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

rôle de la médecine dans leurs spéculations est sinon plus réel, au moins plus évident. Au-dessous de l'âme, ils distinguent la nature, çuatç, qui se trouve aussi dans les animaux; au-dessous de la nature, l'habitude, î?.ç% qui se trouve aussi dans les plantes, et ils étudient les facultés naturelles et habituelles, c'est-à-dire les fonctions, aussi bien que les facultés intellectuelles ou psychiques (1). L'âme est la force, niais cette force est le souffle qui se répand du centre, c'est-à-dire du cœur, où il s'appelle la raison, aux extrémités, où il s'appelle les sens, la parole, la génération. La théorie de la raison même, ou plutôt du siège de la raison, nous montre les stoïciens familiers avec la médecine et les controverses des médecins (2). Zenon, Ghrysippe, Diogène de Babylone, démontrent à l'envi que la raison réside au cœur, par ce motif qu'elle se confond avec le discours ou la voix, et que celle-ci part de la poitrine et traversée pharynx avant de venir éclater sur les lèvres. Ils discutent l'opinion des médecins contemporains qui , mettant le point de départ des nerfs dans la tête, y mettent aussi l'âme et là raison. Après avoir essayé de prouver que, les nerfs ayant leur origine dans le cerveau, il ne s'ensuivrait pas que la partie directrice y a son siège, ils soutiennent avec Aristote que le système nerveux tout entier a ses racines au

(1) Sextus Emp., Adv. math., IX, 81.

(*2) Diogène Lacrce {Vie de Zenon) nous dit en propres termes, parlant de la physique des stoïciens, que la partie qui traite des causes est double, et que la première comprend les recherches des médecins et les questions qu'ds traitent sur la partie directrice de l'âme, sur les choses qui s'y passent , sur les germes et autres sujets semblables.

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