XXVIII INTRODUCTION
M té de sceptique lui interdisait, il avait sans nul doute une doctrine médicale, celle de son école, peutêtre avec des vues personnelles dont ses Mémoires empiriques gardent le secret.
Nous voici arrivés à l'école philosophique d'Alexandrie. Or, le mysticisme oriental de cette école ne l'empêche pas de s'inspirer en quelque mesure de la médecine, à l'exemple de Platon, son premier maître. Et ce qui le prouve d'abord, c'est la manière dont Plotin conçoit l'univers et les parties de l'univers. L'univers, c'est l'animal universel, composé, comme les animaux terrestres, d'une organisation et d'un principe dévie, d'un corps et d'une âme; les parties de l'univers, les astres, sont des animaux; la terre elle-même est un animal (1). Et dans toutes les recherches auxquelles Plotin croit devoir se livrer sur la nature de l'animal universel et des autres animaux divins, c'est toujours dans la considération des animaux terrestres qu'il prend son point de départ. C'est ainsi qu'il se demande si l'animal universel persiste dans son individualité , conservant toujours les mêmes éléments dans le môme état, ou si, semblable aux animaux qui meurent sans que la forme de l'espèce périsse, il persiste seulement dans sa forme spécifique, son corps étant dans un flux et un écoulement perpétuels (2). C'est ainsi qu'il se demande si l'animal universel a besoin d'aliments, comme les animaux qui, perdant sans cesse quelque chose de leur substance, ont sans cesse besoin de la réparer (3). C'est ainsi qu'il se demande si l'animal universel est
(1) Ennèades, If, i, 1 ; IV, iv, 24 et suiv.
(2) Ibid., II, i,l-4.
(3) I6tc*.,l,6, 8,