INTRODUCTION. XLIII
il traile deux questions nouvelles et qui n'ont pas perdu leur à-propos, celle des honoraires et celle des consultations.
Or, n'y a-t-il pas là tous les éléments d'une morale, la morale hippocratique de la médecine ?
Dans le traité Des airs, il explique que l'air est partout et principe de tout; que sa puissance paraît plus visiblement encore dans les êtres animés; qu'il est proprement, en ceux-ci , et singulièrement en l'homme, l'âme ou la vie, et que, à cause de cela, il est la première origine de la santé et de la maladie.
Dans le traité De la maladie sacrée, il fait voir que cette maladie, qui n'a rien de sacré, a son principe dans le cerveau, comme la plupart des maladies, le cerveau étant le lieu où réside l'âme, l'organe où l'air apporte la sensibilité avec la vie, l'intelligence avec la sensibilité. Il établit cette doctrine du siège de l'âme dans le cerveau, directement, c'est-à-dire par l'observation des faits, et indirectement, par la réfutation des doctrines qui la mettent dans le diaphragme ou dans le cœur.
Dans le traité Du régime (livre I), il expose que la constitution humaine résulte de deux principes contraires, mais également nécessaires, le feu et l'eau ; que du mélange et des proportions diverses de ces deux éléments naissent des différences, des tempéraments, comme on dit ; que la pensée, avec tout ce qui s'y rapporte, varie selon ces tempéraments : d'où l'on voit l'extrême importance du régime qui, modifiant la pensée avec le tempérament, modifie tout l'homme, et le fait meilleur en même temps que mieux portant
XLIV 1STB0WCTIÛN.
Dans le traité Des airs, des eaux et des lieux, il note et décrit les influences, bonnes ou mauvaises, des vents, de la configuration du sol, de la qualité des eaux , des climats , des contrées orientales et occidentales, sur le corps el sur l'àme. sur la santé et les mœurs, sur la vie publique et privée.
Dans le traité Des lieux dans [homme, s'il ne nomme pas les autres facultés de l'âme et de l'intelligence, il commence du moins par une description physiologique des sens de l'ouïe, de l'odorat et de la vue, qui n'est pas absolument sans intérêt
Enfla, dans le traité Des songes, il analyse l'étal de l'âme sous l'influence du sommeil et comment l'intelligence, momentanément affranchie des organe.-, s'eserce dans sa force et sa plénitude, ce qui fait des rêves de véritables indications pathologiques et thérapeutiques.
Or, n'y a-t-il pas lii tous les éléments d'une physique, la physique hippocratique de la médecine?
Conclusion : Hippocrale n'a pas seulement donné à la médecine sa philosophie, mais une philosophie complète, pourvue de tous ses organes.
Aux écoles asclépiadéenues à leur déclin succèdent dans la faveur publique et la renommée les sectes alexandrines.
Et d'abord le dogmatisme. Cette secte, qui prétend remonter jusqu'à Hippocrale par Praxagoras et Diogène de Carysle, commence véritablement avec H6rophile de Chalcédoine et Érasistrate de Céos, venus de Grèce en Egypte, sous le règne de Plolémée Soter. Ces deux médecins remarquables semblent avoir fait école dans l'école, et les historiens, par exemple Sprengel, rangent les dogmatiques eu Hérophiliens