‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 28 sur 83 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

s'était pas constituée tout d'un coup et dès le premier jour. Elle fut l'œuvre progressive du temps et des médecins qui se succédèrent, unis dans la même inspiration hippocratique. Il ne serait certes pas sans intérêt de suivre ce développement , et de faire à chacun sa part dans ce commun travail. Malheureusement, les renseignements font défaut. Galien et Celse, qui nous parlent assez longuement des méthodes médicales et des sectes, citent en bloc les dogmatiques, les empiriques, les méthodiques, et ce n'est que rarement et par exception qu'on rencontre dans leurs expositions les plus développées un nom propre. Hérophile n'est jamais nommé par Galien (1), et Erasistrate une seule fois. Il paraît qu'Erasistrate faisait une demi-concession aux empiriques. Il admettait que l'expérience (2) permet de découvrir des remèdes simples contre des maladies simples, mais non des remèdes compliqués contre des maladies compliquées, de sorte qu'il ne faut ni lui accorder ni lui refuser toute espèce d'utilité (3). Quoi qu'il en soit, il reste avéré que les médecins de la secte dogmatique attachèrent tous une extrême importance à la logique dans la sphère médicale et travaillèrent tous, chacun à son rang et à sa date, à la constitution de la méthode qui leur semblait être la vraie.

On ne peut guère douter non plus qu'ils aient tourné leur attention du côté des devoirs particuliers du médecin, continuant ainsi de marcher sur les traces d'IIippocrate et des hippocratistes. Une fois

(1) Dans les traités de logique médicale, bien entendu.

(2) Comprenez l'expérience réduite à elle-même.

(3) Des sec t. auxétud., ch. v.

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