LVIII INTRODUCTION
d'Erasistrate (1). Théraison est le logicien par excellence du méthodisme, et comme le méthodisme, ainsi que l'indique le terme même, est tout dans la méthode, on conçoit qu'il ait pu en être considéré comme Fauteur. Thessalus, esprit inférieur, bien que trop maltraité par Galien, est encore un logicien à sa façon. Il simplifie la méthode déjà si simple de Thémison, sans y apporter de modifications essentielles.
On voit que ces médecins sont en même temps philosophes dans une large mesure , on pourrait dire sont premièrement philosophes, puisque leur thérapeutique est toute dans leur logique, et celle-ci toute dans leur physique. Ainsi que Ta remarqué l'auteur d'une thèse sur Asclépiade (2), les méthodiques ne s'inspirent pas seulement de l'esprit philosophique , ou ne traitent pas par occasion seulement telle ou telle question philosophique, comme l'avaient fait leurs prédécesseurs, Hippocrate en tête ; ils mettent le point de départ et le fondement de leur doctrine médicale dans une doctrine philosophique, ils déduisent la médecine de la philosophie.
Comme il a été dit , c'est Asclépiade qui jette les bases philosophiques du méthodisme. Contemporain et peut-être ami de Lucrèce, venu à Rome en pleine faveur de l'épicurisme, tous les témoignages nous montrent en lui un disciple d'Épicure. Même conception du monde, même conception de l'homme, corps et âme. Il explique toutes choses par les atomes éternels, leurs rencontres, leurs combinaisons, sans but
(1) Introd. ou du Méd., ch. iv; Des fac. nat., 1, 17; De Vus. des part., pass.
(2) Raynaud, De Asclepiado Bythino, medico et philosopho. ch. i.