INTRODUCTION. LIX
sous la seule loi du hasard, qui n'en est pas une. Il explique le corps humain de la même manière : ce sont des atomes aussi, qui se sont rencontrés aussi, se sont combinés aussi, et ont formé cet agrégat particulier, ce composé déterminé qui doit sa constitution et ses propriétés à la forme et aux rapports des éléments composants, fortuitement rassemblés. Il explique l'âme de la même manière : ce sont encore des atomes, plus subtils, plus mobiles, dans une agitation et une activité perpétuelles, qui se sépareront comme ils se sont réunis, par aventure (1). C'est précisément la physique épicurienne, avec la physiologie et la psychologie épicuriennes, ses dépendances. Mais il y a lieu de croire que Asclépiade ne s'est pas traîné servilement sur les traces d'Epicure. Il a dû avoir son originalité (2). Galien , dans plusieurs chapitres du traité Des facultés naturelles et du traité De l'usage des parties, nous signale des différences ; Cœlius Aurelianus, dans le chapitre 14, 1. lor du De mordis acutis et chronicis, chapitre qui est un résumé complet, malheureusement un peu obscur par trop de concision, du système philosophico-médical d' Asclépiade, nous signale des différences. On conçoit d'ailleurs qu'un philosophe-médecin et un médecin-philosophe regardant les choses avec des préoccupations différentes, tout en professant la même doctrine générale, diffèrent sur des points particuliers, soit par la nature des théories, soit même seulement par leur développement, selon qu'elles intéressent plus ou
(1) Gai., De Vus. des part., VI, 13; XI, 8; XVII, 1; Des facnatur., 1, 12, 13, 14. Cœl. Aurel., De morb. acut., 1, 14.
(2) Raynaud, ch. iv, p. 23.