INTRODUCTION. LXV
guait Tâme pensante de l'âme vivante el logeait la première dans la poitrine, Asclépiade disperse Tâme entière dans le corps entier (1). Il confond proprement Tâme avec les sens , dont elle n'est que l'assemblage, y rapportant la mémoire et l'entendement môme (2). Par conséquent, rien d'inné. Pas d'idées innées, cela va sans dire; ni celles de la conséquence et de la contradiction , ni celles de la division et de la composition, ni celles du juste et de l'injuste, du beau et du laid , etc. Toutes les idées sans exception ont leur berceau dans les sens. Pas de facultés innées . non point même celle de raisonner. Ni moralité ni liberté. Nous sommes guidés par des impressions sensibles , pareils à des troupeaux , sans les pouvoir discuter, donc sans y pouvoir résister : courage, sagesse, modération, tempérance, radotages que tout cela. Enfin , pas d'affections innées, ni l'amour de soi, ni l'amour des enfants (3), C'est la plus rase des tables rases.
On voit dans quelle large mesure Asclépiade pratique la philosophie, et comment, disciple, mais disciple indépendant d'Épicure , il place dans une physique , qui devait être complète, le solide fondement d'une nouvelle doctrine médicale.
Cette physique, dans sa partie physiologique, con-
(1) o Regnum animas in parte corpovis constitutum negat » (Cœl. Aurel., ibidj.
(2) « Nihil aliud dicit animam esse quam sensuum omnium cœtum : intellectum autem occultarum vel latentium rerum, per soïubilem fierl motum sensuum, qui ab accideniibus sensi* bilibtt8 atque antecedenli perspectione pefftcitur. Memoriam veroalterno eorum eœercilio fleri dicit » (Cœl. Aurel., ibid.),
(3) Galien, Des fac. natur., 1, 12,