LXVI INTRODUCTION
tenait en germe une méthode: il était réservé à Thémison de l'en dégager et de la mettre en pleine lumière.
Ce n'est pas que Asclépiade se fût arrêté aux prémisses du méthodisme. Il en avait tiré toutes les conséquences, en logique comme en thérapeutique ; et, pour nous borner à la logique, il avait esquissé d'une main ferme les principaux linéaments de cette méthode qui a fait le méthodisme.
Le corps étant formé uniquement de pores et de molécules, et celles-ci n'ayant d'autres propriétés que la figure et le mouvement, il en avait conclu qu'il n'y a pas de corruption possible dans un tel composé. La vie n'étant qu'un va-et-vient de molécules à travers les pores, il en avait conclu que la santé consiste dans la libre circulation des molécules , la maladie dans leur arrêt ou leur désordre. Cet arrêt ou ce désordre ne pouvant provenir que de deux causes, ou bien des molécules, c'est-à-dire de leur grandeur, ou de leur forme, ou de leur nombre, ou de leur rapidité (1) ; ou bien des voies dans lesquels elles passent, c'est-à-dire de leur courbure ou de leur occlusion (2) ; la nature, d'autre part, qui n'a ni prévoyance ni puissance, qui n'est rien, ne pouvant rien pour la guérison ; il en avait conclu que le médecin, qui ne doit compter que sur lui-même, n'a jamais que deux choses à faire : agir sur les molécules, si le mal vient des molécules ; sur les pores, si le mal vient des
(1) a Fit autem eorum statio, aut magnitudini$, aut schematU, aut mullicudinis, aut celerrimi motus causa » (Cœl. Aur., ibid.).
(&) a Aut viarum flexu, conclusione atque squammularum toôputo (Id., ibid}, • passage évidemment altéré , mais dont la setts général n'est pas douteux*