‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 44 sur 83 · INTRODUCTION. LXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXI

ment d'un corps étranger et celui d'une partie de notre propre corps (1). 11 passe pour avoir inventé, en thérapeutique, la métasyncrèse, qui, renouvelant totalement les pores, doit guérir toutes les maladies (2).

Telle est la physique, telle est la logique, en un mot, telle est la philosophie des méthodiques. Cette philosophie comprenait sans doute plus d'une théorie particulière dont nous ne pouvons même soupçonner l'existence, les ouvrages des maîtres n'ayant pas survécu, et ceux des disciples étant exclusivement consacrés à la thérapeutique. Le De re medica, sauf la préface, n'est qu'un traité des maladies et de leurs remèdes ; et de même le De morbis acutis et chronicis, à l'exception du chapitre 14 du livre premier, consacré à la doctrine générale d'Asclépiade. Il y a toutefois dans ce dernier ouvrage un autre chapitre, où Ton voit la trace de l'esprit philosophique qui animait cette école médicale : c'est celui où Cœlius Aurelianus débat la question de savoir si l'hydrophobie est une maladie du corps ou de l'âme, énonçant l'opinion de ceux qui la rapportent à l'âme , parce que c'est le propre de l'âme de craindre, aussi bien que de désirer; et y opposant, comme la- vraie, l'opinion de ceux qui la rapportent au corps, parce que l'affection de l'âme n'est ici que le contre-coup de l'affection corporelle , qui la précède et la suscite.

Or toutes ces sectes médicales, le dogmatisme, l'empirisme , le méthodisme , comme elles ont leur

(1) Galien, Inlrod. ou du Médecin, ch. ni. (9) Lire la description du fameux cercle métasyncrétique, Cœl., Aurel. De morbis chronicis, eh. i.

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point de départ, el je dirais leur source sacrée, daus ce grand homme : Hippocrate, ont leur terme naturel et leur glorieux couronnement dans cet autre grand homme : Galien. On pourrait dire du premier qu'il est l'alpha et du second qu'il est l'oméga de la médecine grecque. En tout cas, ils sont trop grands pour être renfermés dans telle ou telle catégorie de médecins : ils les dominent toutes de leur génie incomparable et de leur immense savoir, l'un en les préparant, l'autre en les résumant (1).

Galien est dans l'antiquité le médecin philosophe par excellence.

D'abord, il est philosophe a la manière d'Hippocrate et de ses successeurs, médicalement, si je puis ainsi parler. Il s'inspire de la philosophie el de ses plus illustres représentants, pour donner à la médecine sa logique, sa momie cl sa physique. Mais ce n'est pas tout. Il est également philosophe en philosophe, c'est-à-dire d'une manière désintéressée. Il aime la philosophie pour elle-même; il la cultive pour elle-même, et n'estime pas qu'on puisse être médecin excellent si l'on n'est premièrement philosophe. 11 développe même cette proposition en un petit traité, auquel elle sert de titre (2), montrant tour à tour que la logique philosophique, que la morale philosophique, que la physique philosophique sont nécessaires au médecin digne de ce nom.

Dans ses innombrables ouvrages, il est une multitude do Irailés, perdus ou subsisfants, qui se rap-

(1) Galien dit lui-mOme qu'il faisait |n'ofession de choisir dans chacun cg qu'il avait de meilleur (De pics propres écrits, ch. ij, ir aussi Des lieux, affecté», I. 111, ch. l

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