INTRODUCTION. LXXVII
en quatre livres, souvent mentionné par Galien, et qui devait tenir dans sa morale la même place capitale que le traité De la démonstration dans sa logique. Sans doute, ce traité Des mœurs devait avoir un caractère général; mais se pouvait-il que les mœurs médicales n'y eussent pas leur livre ou leur chapitre? D'où Ton voit, si mes conjectures sont justes, que Galien n'avait pas plus négligé la morale de la médecine que Hippocrate et les siens.
Mais ce qu'on ne trouverait ni chez Hippocrate ni chez les siens et qu'on trouve dans Galien, c'est une morale générale ou philosophique, où l'autre s'inspire. Parmi les ouvrages perdus de la liste de Galien, il en est un assez grand nombre qui se rapportent manifestement à cet objet. Outre le traité Des mœurs, déjà mentionné, je citerai les suivants, dont les titres me paraissent significatifs : Du plaisir et de la douleur (un livre;) ; Des divers genres de vie et de leurs conséquences ; Qu'il faut proportionner la punition à la faute (un livre) ; De l'indolence (un livre). Sur la liste , non plus des œuvres morales , mais des écrits relatifs à l'école épicurienne, je note également plusieurs ouvrages perdus, où les questions morales étaient certainement débattues : De la vie heureuse
suivant Epicure (deux livres) ; Que ce qu'il y a d'effectif dans la volupté a été imparfaitement exprimé par Epicure (un livre) ; La philologie importe-t-elle à la morale (un livre) ? — Tous ces titres d'ouvrages nous prouvent que Galien s'était fort préoccupé de la morale, au sens compréhensif du mot, sans rien nous apprendre de sa doctrine. Mais quelques livres subsistent , en trop petit nombre , qui nous renseignent là- dessus, quoique incomplète-
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ment. 11 est un double traité qui se présente sous co double tilrc : Du discernement et du traitement des passions. Du discernement et du traitement des vices, dont l'intérêt est extrême. Ce sont proprement deux chapitres de morale personnelle et pratique , ou abondent les fines analyses, les préceptes moraux les plus élevés, et tout pleins du plus noble souci de la vie intérieure et de la perfection spirituelle. Us nous font la surprise de nous montrer, dans Galien, dans] un médecin , un de^ces direcleurs de conscience qui honorèrent l'antiquité à on déclin, et inspirèrent peut-être ceux des chrétiens qui ont joué ce rôle et s'en sont attribué la découverte. — h' Exhortation aux arts , que je trouve dans les éditions des œuvres de Galien, tout en la cherchant vainement sur ses catalogues, apporte aussi un précieux contingent a la morale privée. Les arts, ici, c'est proprement le travail intellectuel, et Galieu consacre son traité à la démonstration de cette thèse, a noter chez un ancien : le travail intellectuel est un devoir ; il oblige tous les hommes, quelles que soient leur naissance, leur fortune, les qualités extérieures de leur personne. — L'ne autre question , fort actuelle, celle des exercices corporels, dans leur rapport non-seulement à la santé du corps, mais à la santé morale, est développée par Galien, non sans un vif intérêt, dans l'opuscule De l'exercice de la courte paume; et la gymnastique, si choyée des Grecs, jugée avec une sévérité qui surprend et une autorité qui impose, dans plusieurs chapitres du traité : L'art de conserver la santé se rapporte-t-il à la Médecine (1)7