X INTRODUCTION
Grèce, la philosophie et la médecine, à peine sorties du berceau, vont au devant l'une de l'autre, et se sentant sœurs, cimentent une alliance qui dure autant que l'antiquité.
La philosophie naît en Grèce au sein des mystères, dans l'ombre des temples, parmi les cérémonies et les croyances religieuses. Mais, comme son essence est la liberté et son premier besoin la lumière, dès qu'elle a conscience d'elle-même, elle brise ses entraves, elle se développe en plein jour et en pleine indépendance. Ignorant tout, elle veut tout apprendre. Avec une confiance téméraire, mais qui l'honore, elle embrasse à la fois l'univers entier, et se met à la recherche du premier principe des ôtres, de l'élément générateur des choses, de l'intelligence qui les soumet à ses lois, et enfante d'abord mille systèmes analogues, divers, contradictoires, en Asie- Mineure, en Sicile, en Italie, partout où souille le libéral esprit de la Grèce. Dans ses spéculations sans bornes, comme le monde, elle n'a garde d'oublier l'homme. Mais elle ne croit pas possible de connaître l'homme sans la nature, ni la nature sans l'homme ; et, dans l'homme, l'âme sans le corps, ni le corps sans l'âme, la santé sans la maladie, ni la maladie sans la santé. Elle appelle donc la médecine à son aide et lui donne franchement la main.
Cette union de la philosophie avec la médecine est singulièrement remarquable dans l'école ionienne. Il semble que ces philosophes prennent leur point de départ dans l'étude de l'organisation vivante et de-