‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 6 sur 83 · INTRODUCTION, XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XI

mandent à ce qui sera un jour la physiologie leurs explications de la nature en général et de la nature humaine. N'est-ce pas parce que Thaïes est frappé de ce grand phénomène de la vie qu'il fait du monde un tout vivant, et, comme diront plus tard d'autres philosophes, un animal? Et n'est-ce pas parce qu'il voit la vie paraître et se développer dans l'élément humide qu'il place dans cet élément l'origine universelle (1) ? — Anaximène ne procède pas autrement. C'est encore la vie qu'il observe, non au moment de l'éclosion, mais dans les conditions nécessaires à son entretien. L'homme, comme l'animal, ne vit que par la respiration, et ne respire que par l'introduction de l'air : donc rien ne vit, rien n'existe que par la vertu de l'air, aliment universel (2). — Diogène d'Apollonie recueille cette idée et la développe, en la suivant dans ses applications particulières. Constatant la présence de l'air 'dans le sang, il rend compte de la sensation et de la pensée par la diffusioiude l'air qui, mêlé au sang, voyage avec lui dans les veines, du cœur aux extrémités (3). Il distingue les ventricules du cœur, appelant le ventricule gauche artériaque, ce qui semble indiquer i une certaine connaissance des artères, et décrit à sa façon la distribution des veines, tout cela dans un passage conservé par Aristote (4) et qui devait faire partie de son traité De la nature (5). — Si Heraclite

(1) Arist., De anima, I, n, 23. — Plutarq., Deplac, IV, 2.

(2) Plut., Deplac, 1,3.

(3) Arist., De anima., I, n, 23. Simpl., Phys., fol. 32, 33.— Plut., Deplac, IV, 5.

(4) De part, animal., III.

(5) Simpl., Phys., III, foi. 39.

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