MORALE DE GALIEN
la rendre le plus parfaite possible. Ces trois ouvrages, qui ne sont guère que des opuscules, nous représentent actuellement toute la partie morale des œuvres de Galien, et ces trois problèmes toute la substance de sa morale.
Ainsi composée, cette morale, on le comprend d'abord, n'intéresse pas particulièrement le médecin ; c'est l'homme même, quelle que soit ou quelle que doive être sa profession, qui a le devoir d'exercer son corps, de développer son esprit, d'amender son âme. Elle est toute générale, purement philosophique.
Elle est de plus toute personnelle ; le point de vue social, cher aux anciens, et qui, presque toujours, absorbe les autres dans leurs préoccupations, ne paraît pas. Ce n'est pas le citoyen, c'est l'agent moral qui est en scène. Et cela même donne un prix singulier à ces trois fragments de la morale galénique. Il *i*est pas peu intéressant de constater à quel souci de perfection en étaient venus les anciens à cette époque sous la salutaire influence du stoïcisme.
Enfin, on remarquera que les sujets traités ici par Galien ont un lien logique et forment un ensemble complet. Culture physique, culture intellectuelle, culture morale, voilà de quoi nous entretiennent tour à tour les opuscules ci-dessus mentionnés, et c'est là Indivision naturelle où viennent se ranger nos devoirs envers nous-mêmes.