‹ La philosophie des médecins grecsChapitre 8 sur 83 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

des périodes ternaires et quaternaires est sans nul doute d'origine pythagoricienne. La diététique, qui tient tant de place dans l'ancienne médecine (1), pourrait bien venir aussi des pythagoriciens, que l'histoire nous montre si préoccupés de l'alimentation et si partisans de l'abstinence. Et n'est-ce pas à Crotone que Ton commença de comprendre l'importance des exercices gymnastiques et autres et de l'hygiène au point de vue des mœurs (2) ?

Les écoles d'Elée et d'Abdère, greffées en quelque manière sur les précédentes, en continuent les traditions. 11 suffît de citer Empédocle dans la première (3) et Démocrite dans la seconde. Empédocle est si peu étranger à la médecine qu'il est médecin aussi bien que philosophe (4). S'il a écrit un poëme, De la Nature, il a écrit un ouvrage, poëme ou non, sur la médecine, iz-zç>Moç Xoyc?» dit Diogène Laerce. Si peu et si mal que nous le connaissions aujourd'hui, on discerne facilement le médecin dans le philosophe, comme le philosophe dans le médecin. Sa théorie de la sensation est d'un naturaliste, d'un physiologiste, d'un médecin enfin. Comme les pytha-

(1) Voir le traité De V ancienne médecine.

(2) Bœckl., Philol., 21. — Diog. Laerce, Vie de Pythagore. — Arist., Métaph., I. 5. — Voir aussi Renouard, Hist. de la Méd., t. I, p. 124; Sprengel, Ilist. de la Méd., t. I, p. 136 et suiv. ; Guardia, La méd. à travers les siècles, p. 132 et suiv.; Cliauvet, Des théories de V entend, hum. dans l'antiquité, p. 54-08.

(3) Voir, Des théor. de l'entend, hum., p. 85 et suiv., quelles raisons me font ranger Empédocle parmi les éléates.

(4) Il est même allé de la médecine à la philosophie, en sorte qu'il conviendrait de voir en lui un médecin-philosophe bien plutôt qu'un philosophe-médecin. Je ne sais pourquoi l'usage contraire a prévalu.

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