‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 101 sur 230 · ARTICLE VIL · texte numérisé non relu

ARTICLE VIL

d'ÔU Ili VIBNDBA JUQER LES VIYAIIITS ET liBS MOHtS.

§ unique.

D. De quel jugement est-il ici question ?

R. Selon la foi chrétienne 9 deux jugements nous attendent : le jugement particulier, qui fixe le sort de chacun au sortir de cette vie ; le jugement universel^ qui aura lieu à la fin des siècles , selon ces paroles de Jésus-Christ : Quand le Fils de Vhomme viendra dans l'éclat de sa gloire et environné de tous ses anges, il s'assiéra sur le trône de sa majesté; et toutes les nations seront assemblées devant lui, et il séparera les uns d'avec les autres , comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs; et il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, etc. (1),

Le jugement particulier étant admis partons les hommes, fidèles ou infidèles , qui reconnaissent Texistence d'un ou de plusieurs dieux, et, ne pouvant être rejeté que par les athées ou les panthéistes , il n'était pas nécessaire de l'insérer dans le Symbole; mais il importait d'y exprimer la foi au jugement universel, dogme qui appartient en propre au christianisme. C'est ce que l'on a fait par le septième article.

D. Après un jugement particulier dans lequel la justice divine aura rendu à chacun selon ses œuvres, on ne voit pas la raison d'un jugement universel.

(1) Saint Matthieu, XXV, 31-46.

LhRÈ II. 251

B. Nous ne verrions pas cette raison, que ttoiis ti'en devrions pas moins croire au jugetiient universel, fondé sur la parole de Jésus-Christ , qui doit être pour le chrétien la raison des raisons. Dans Tignorance parfaite où nous sommes du plan de la Sagesse éternelle dans la création du monde, il y aurait impiété et sottise à vouloir contt*ôler les actes de son gouvernement, tels qu'il lui a plu de nous les révéler.

Mais est -il bien vrai qu'il n'y ait rien dans iiotre conscience qui réblame les grandes assises de l'humanité entiètie présidée par son divin chef? En vous intierrogeant voUsméme, en interrogeant les autres, vous entendrez en maintes circonstances sortir de votre cœur , sortir du cœur de tous les opprimés. Un appel au jugement qui redressera tous les jugements. Cet appel , FÉcriture nous dit qu'il est répété dans le ciel par les âmes de ceux qui ont êtè imfnolês pour rendre témoignage à la parole de Dieu : « Jusques à quandy Seigneur saint et vrai, âifférerez-vous de nous juger et de de^ mander'compte de notre sang aux habitants de la terre{i)? « L'àme injustement flétrie parle jugement des hommes veut être réhabilitée devant les hommes. Ce désir a été gravé dans notre cœur par celui qui a dit : Aie soin de ta réputation, car elle est te plus précieux des trésors (2). Ce désir doit donc être satisfait.

Invoqué par la conscience humaiiife, le jugement universel est encore un corollaire du système divin dans la création et le gouvernement des hommes, tel que nous le présente la philosophie chrétienne. Pour comprendre cela, il vous suffira de méditer ce principe , que Dieu n'a pas entendu créer seulement des âmes et des individus humains , mais une famille dont tous les membres fussent étroiteinent unis et solidaires entre eux.

D. Je ne vois pas quel rapport il y aurait entre ce principe et le jugement universel.

(1) Apocalypse, VI, 9, 10.

(2) Ecclésiast., XLI, 15.

2o2 LA PHILOSOPHIE DU CATÉCHISME CATHOLIQUE.

R. Ce rapport, le Yoici : P Dieu n'a pas seulement créé des âmes, mais des ùmes unies à des corps et formant ainsi des hommes. Au jugement particulier, Tàme intervient seule, séparée de son complice dans le bien et dans le mal. Il est doue convenable qu'il y ait un jugement où tout rhomme paraissBy afin de recevoir dans son corps le résuUat de ses œuvres, soit dans le bien, soit dans le mal (1).

2° Dieu n'a pas créé des individus isolés , indépendants , mais il a voulu procréer , élever, gouverner les hommes par les hommes, afin que tous, depuis Adam jusqu'au dernier en date des humains , ne fissent qu'une seule famille unie par les liens de l'esprit et du sang. Les membres de cette famille ne doivent-ils pas se rencontrer un jour pour se voir, se reconnaître? Celte rencontre est impossible dans le monde actuel, où, apparus entre cent générations éteintes et cent générations à venir , nous vivons et mourons inconnus à l'immense majorité de nos contemporains. Cette rencontre est encore impossible dans les demeures éternelles, divisées en deux séjours entre lesquels la justice divine a creusé un infranchissable abime. Bien donc de plus convenable que la réunion de la famille humaine au grand jour qui clora le temps et ouvrira l'éternité.

Cette réunion n'est pas seulement une satisfaction due au sentiment qui relie entre eux tous les membres de l'humanité; elle est encore une exigence impérieuse de la justi divine et humaine.

Nous profitons tous des travaux et des bienfaits des générations qui ne sont plus, comme aussi nous souffrons des maux qu'elles nous ont légués. Cet héritage des biens et des maux, nous le transmettons, grossi de nos vertus et de nos désordres, aux générations qui nous suivent. N'est-il pas juste que, au jour des rétributions, chacun de nous rende hommage à tant de bienfaiteurs inconnus ou calomniés , et élève la voix contre les auteurs d'une infinité de méfaits

(1) Saint Paul, Dena:. ép, aux Corinth., V, 10.

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