‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 104 sur 230 · ARTICLE VIII · texte numérisé non relu

ARTICLE VIII

J£ CROIS AU SÀINT-ESPRrr.

§ unique.

D. Que professons-nous par cet article?

R. Nous professons d'abord notre foi à Teiistence du Saint-Esprit. Nous reconnaissons qu'il y a en Dieu une troisième personne qui procède éternellement et du Père et du f ils, qui n'est ni le Père ni le Fils, mais qui, égale en tout à ces deux personnes, complète F Etre divin, et constitue, avec le Père et le Fils, le Dieu infini en puissance, en intelligence, en amour. Nous appelons cette personne Y Esprit^ Saint , V parce qu'elle est ainsi désignée dans TÉvangile ; T p^rcc que ces mots expriment la manière dont elle procède. Amour substantiel du Père et du Fils , la troisième personne est comme le soupir , ïaspiration de Tun vers l'autre ; de là le mot Esprit. En unissant le Père au Fils par iamour, l'Esprit complète la sainteté , c'est-à-dire la pej;fectiQu de Tétre divin , laquelle consiste dans l'unité de l'Être tout'puissant, tout-iatelligent, tout-aimant ; de là le il^m de Saint.

Nous professons encore, par l'article huitième, notre foi à tout ce que Jésus-Gbrist et ses apôtres nous ont dit de la mission et des ceuvres du Saint-Esprit parmi les hommes.

D. En quoi consistent cet^e mission et ces œuvres?

R. Pour vous donner i^ne juste idée de cette mission et de CCS oeuvres, saps entrer dans des détails qui se trouvent dans les catfâchismes un peu développés , voici ce que je ilirai :

Consommateur de la sainteté divine , dans le sens que nous venons de voir , TEsprit-Saint est considéré comme l'initiateur et le consommateur de toute sainteté parmi les honmies ; de là les titres A'RspTilLsamHfieat&ur , vivifiant , que lui donne l'Église.

La sanctification des hommes exige deux choses : 1" une lumière qui dissipe les ténèbres de notre ignorance et nous montre la vérité pure de toute erreur ; 2" un changement de volonté qui purifie notre cœur de ses affections coupa blés, et le porte à pratiquer avec amour la vérité connue {l).

La vertu divine qui éclaire notre esprit et réforme notre volonté, c'est la grâce, don surnaturel communiqué à notre àmc et y agissant par des voies cachées , mais dont le résultat sensible est la conversion^ ou le passage de l'Ame d'une vie sensuelle et tout humaine à une vie nouvelle animée par la foi, l'espérance et la charité. Mais pour agir sur notre ôme emprisonnée dans le corps, le don spirituel de la grâce doit prendre un corps. La parole intérieure qui illumine notre intelligence exige une parole extérieure qui frappe nos organes et qui soit le signe , l'expression visible de la vérité invisible. La foi nous vient par Vouïe, dit saint Paul, et ce qui la porte à Vouie^ c'est la parole de Jésus-Christ (2). De même, la force secrète qui remue et change notre cœur doit prendre une forme sensible ; c'est le sacrement^ qui est le signe visible de la grdce invisible. L'administration delà parole de Dieu et des sacrements, tels sont donc les moyens divinement établis pour la sanctification des hommes.

D. Est-ce que Dieu ne pourrait pas éclairer et convertir les âmes sans employer ces moyens extérieurs ?

R. 11 le pourrait sans doute , mais il ne Ta pas voulu. Nous voyons que les âmes qu'il a converties par des voies extraordinaires ont été assujetties à la règle commune ; témoin saint Paul, terrassé sur le chemin de Damas et envoyé au disciple Ananie pour en apprendre ce qu'il aurait à faire (3). La'raison de cela est dans cette loi divine, infiniment honorable pour l'humanité : Dieu veut se servir des hommes pour élever les hommes à la vie surnaturelle, comme

(1) Saint Paul, Ép, oux Éphéi.^ IV, lô.

(2) Ép. aux Rom.f Xf 17.

(3) Actes des apôtf^eSf IX, 7.

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