‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 110 sur 230 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

rétat de Vhomme parfait y selon la mesure pleine que nous en offre la vie du Christ ; afin que nous ne soyons pas^ comme des enfants^ flottants et emportés à tout vent de doctrine, le jouet de l'iniquité des hommes et des séductions de VeT" reur (1). Il faut donc que cette Église offre, avant tout, aux hommes l'immuable unité de ses moyens de sanctification : foi, sacrements, ministres de Tune et des autres; afin que, dispensés de toute recherche biblique ou autre sur ce sujet, nous puissions sur-le-champ pratiquer la vérité dans la charité, et grandir de toute manière dans celui qui est notre chef, le Christ (2).

Vous comprenez encore que, pour être sainte, et surtout sanctifiante, il ne faut pas que l'Église soit plus puritaine que Jésus-Christ, et qu'elle dise aux pécheurs : Retirezvous, maudits, de mon sein ! car, en se séquestrant des pécheurs quelconques, il est probable qu'il ne lui resterait plus ni brebis ni pasteurs. L'essentiel est qu'elle ne cesse d'exhorter ses enfants à la pénitence, et que, pour réfuter leurs vains prétextes, elle leur montre un certain nombre de leurs frères arrivés à la plus haute sainteté. Son rôle est d'être en même temps la mère miséricordieuse des pécheurs et l'éducatrice des saints.

Catholique. — Pour répondre aux vœux et aux ordres de celui qui est mort pour le salut de tous, la véritable Église doit être constituée de telle sorte qu'elle puisse embrasser l'universalité des temps et des lieux. Elle doit embrasser, de fait, l'universalité des temps, depuis l'ascension du Christ jusqu'à son retour glorieux à la fin des siècles, sans interruption aucune. Elle doit encore embrasser, de fait, l'universalité des lieux, tenir élevé au sein de toutes les nations l'étendard du salut, autant du moins que la mauvaise volonté des nations et de leurs chefs n'y met pas de trop grands obstacles. L'Église du Verbe n a jamais connu ces

(1) Saint Paul, auxÉphés.y IV, 1214.

(2) im., 15.

dénommàûouâ patronymiques, nationales, parUcuUèreSi qui s'attachent comme une flétrissure indélébile au front des ^lise3 de Thérésie et du schisme. Depuis le jour de son baptême par les apôtres, elle n a cessé d'être salujée par tous, nmis et ennemis^ du nom incommunicable de catholique ou universelle. Il est vrai que certains sectaires des iles Britanniques et du Levant affectent depuis peu de donner à leurs églises, qui contiennent à peine le dixième de la population d'un seul État, le titre de catholiques; mais, quand ils se permettront devant vous ces plaisanteries, regardez-les fixement, et, s'ils ont du bon sens, vous les verrez baisser la tête et sourire.

Apostolique. — En vertu de cette union parfoite que Jésus-Christ demandait au Père pour tous ceux qui croiraient en lui, et surtout pour les ministres de sa parole et de son sang, il est à remarquer que, dans ses discours aux apôtres, il suppose constamment qu'ils seront iomiortels, et qu'ils ne cesseront pas d'évangéliser le monde jusqu'à la fin des temps. C'est encore ce que porte la derQière parole qu'il leur adresse : Voilà que je suis avec voi^ tous les jours jusqu'à la consommation des siècles I

En effet , les douze ne sont point mprts : lumière du monde, leur parole n'a pas cessé de retentir de l'un à l'autre pôle; sel de la terre ^ leur ministère y conserve toujours le divin parfum des vertus chrétiennes. U n'y a pas un prêtre ^i^thoUque, autorisé par son évêque, qui ne puisse dire, au grand soleil de l'histoire : Je suis l'envoyé de l'un des apôtres, envoyé lui-même p^r Jésus-Christ et son Ueutenimt Pierre.

Quand un homme qui ne peut pas montrer cette longue succession par laquelle le pouvoir divin de l'apostolat lui est arrivé, ose s'ériger en ministre de l'Évangile, chacun doit lui dire : ^Retire-toi, séducteur^ je i%0 crois qy,'à VJÈglise unCy sainte^ catholique^ apostolique !

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