‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 111 sur 230 · S II · texte numérisé non relu

S II

La communion des saints.

D. Qu'est-ce que la communion des saints, et pourquoi fait-elle partie du neuvième article ?

K . Elle fait partie du neuvième article, parce qu'elle est le premier et le plus beau fruit de l'Église une, sainte, catholique, apostolique.

En effet, les membres de l'Église ne formant tous qu'un mùaie corps mystique, dont Jésus-Christ est le chef et l'Esprit-Saint l'âme, il en résulte une véritable communauté de vie spirituelle, qui fait que chacun travaille au profit de tous, et profite du travail de chacun.

Cette communauté ne consiste pas seulement dans la joui^ sance en commun des moyens de sanctification : instructions, sacrifice, sacrements, offices publics, etc., mais aussi dans la participation de chacun au mérite de toutes les œuvres de justice et de sainteté qui s'accomplissent, soit par le concours de tous ou du grand nombre, soit par un membre en particulier j car ces œuvres étant le fruit des mérites du chef et l'inspiration du Saint-Esprit, quiconque est uni au chef et animé de l'esprit de foi, d'espérance et de charité, a un droit réel au mérite de ces œuvres, droit proportionné à son degré d'union, de soumission à Jésus-Christ et à l'Esprit-Saint.

L'existence de ce corps mystique de l'Église et de l'intime union, de l'étroite solidarité, qui relient tous ses membres, n'est pas une imagination pieuse ; c'est l'œuvre par excellence du Sauveur, le but de tous ses travaux. Que s'est proposé le Verbe éternel du Père en daignant se faire homme? Il a voulu devenir le Verbe, le représentant, le chef de Thumaiiité, réunir en lui tous les honuues docilefs à sa loi, les consommer dans V unité, selon son expression, en leur communiquant son esprit, sa chair^ son sang; et pourquoi? Écoutons-le encore parlant au Père : Vous savez,

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mon Père, que, vous en moiy moi en vous, nous ne sommes qu*un; eh bien, ces hommes, que vous m'avez donnés^ sont en moi , je suis en eux , ils ne forment avec moi qu'un (i'Homme-Dieu) ; je veux donc que là où je suiSj wioî, ils y soient, eux, avec moi (1). G est ce que saint Paul exprimait par ces paroles : Vous n'êtes pas à votis, mais au Christ, et le Christ est à Dieu : par \otre soumission au Christ, qui est soumis à Dieu, vous serez tout en Dieu, et Dieu sera tout en vous (2). Dans toutes ses épîtres, spécialement dans celles aux chrétiens de Corinthe et d'Éphèse, l'Apôtre revient incessamment au fait de notre incorporation au Christ, par la foi et les sacrements, surtout par le baptême et Teucharistic, et enfin par le fruit divin de la foi et des sacrements : la charité qui est répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit, dont nous sommes les temples vivants. Il ne se lasse pas de décrire ce corps à la fois divin et humain que forment tous les enfants de la foi, sous leur tête, le Christ ; corps étroitement uni par V agencement et subordination de tom ses organes, et qui grandit dans la charité selon la mesure de vigueur qui est dans chaque membre (3).

Vous voyez donc qu'on ne peut contester la foi à la communion des saints sans rejeter la foi à TEglise et montrer une complète ignorance de l'esprit de l'Évangile.

D. Pourquoi l'appelle-t-on la communion des saints? Est-ce que les pécheurs en sont exclus ?

i{. Non, certes, les pécheurs n'en sont pas tous exclus; car, le juste lui-même péchant sept fois le jour, la sainteté parfaite ne peut être ici-bas que le but constant de nos efforts. Pour être de la communion des saints et jouir de ses avantages, il suffit du premier degré de sainteté, qui consiste dans l'exemption du péché mortel, c'est-à-dire de désobéissance formelle à un ou à plusieurs points graves de la loi de Jésus-Christ et de son Église, désobéissance qui

(1) Saint Jean, XVIl, 21-24.

(2) Prem. ép. aux Corinth., VI, 19; XV, 28.

(3) Ép. aux Éphés., IV, 16.

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