‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 112 sur 230 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

constitue l'âme dans un état de révolte contre Dieu, et, par conséquent, de mort spirituelle. Cependant j le pécheur en matière grave qui par ses excès ne se fait pas retranclier du corps de l'Église par le glaive de rexcommunicatîon, reste attaché à ce corps comme un membre perclus et ne laisse pas que d'en recevoir de fréquentes excitations à sortir de son état, soit par les iastruclions, les bons exemples, soit par les prières et les secrètes influences qu'un corps vivant exerce sur ses membres quelconques. Si, après avoir perdu la charité (incompatible avec l'affection au péché mortel), le pécheur n'achève pas sa rupture avec l'Église par Tabandon de la foi et de l'espérance, il lui reste un principe de vie qui, d'un instant à l'autre, s'il le veut, peut en faire de nouveau un saint, et même un très-grand saint.

D. Est-ce que, pour avoir part à la communion des saints, il est indispensable d'être membre de TÉglise catholique ?

R. Oui, il est indispensable d'appartenir à l'Église de l'une de ces deux manières : ou par le fait de son agrégation réelle à l'àme et au corps de l'Église, ou par un désir et une volonté sincères de s'y agréger dès qu'on pourra la bien connaître.

Pour comprendre cela, il faut savoir que la théologie catholique a constamment distingué, dans le corps mystique de Jésus-Christ, l'àme et le corps. L'âme de l'Église est l'union, à divers degrés, de tous ceux qui vivent de l'esprit de Jésus- Christ, qui est un esprit de foi, d'espérance et de charité. Le corps de l'Église est la réunion de tous ceux qui professent extérieurement la' même foi, participent aux mêmes sacrements, se soumettent au même régime pastoral. De là nos théologiens ont conclu qu'on peut appartenir à l'âme de l'Église sans être membre actuel de son corps, de même que beaucoup appartiennent à son corps sans appartenir actuellement à son âme.

L'esprit de schisme et d'hérésie, qui ne vit que de mensonges, aime à nous accuser de damner irrévocablement tout ce qui vit en dehors de la communion extérieure de

notre Église. Quand, ponr réfnter cette impérissable c^mnie> nous distinguons Tâme du corps, et que nous disons à nos frères errants : On vous trompe et on nous calomnie indignement ; nous n'avons jamais cessé de Yoir parmi vous on nombre plus ou moins grand de frères en Jésus-Christ, que nous avons la ferme confiance de retrouver au ciel, si, par des obstacles indépendants de leur volonté et de la nôtre, nous ne pouvons nous rencontrer ici-bas au pied des mêmes autels! quand, dis-je, nous parlons ainsi et que nous désignons nettement ces catholiques selon l'âme, vivant de la vie divine dans le corps de l'hérésie, on se moque de notre distinction de l'âme et du corps de rjSglise, djustinction bien tardive, dit-on avec un dédaigneux sourire. Et quand on leur jnoutre cette distinction dans les plus a^ciens docteurs de TEglise, ils nous répondent que le po^pisme est très-vieiix (1).

La distinction de Tâme et du corps de l'J^lise ijji'est pas seulement fondée sur la tradition catholique, elle repose sur les 4onnées générales du christianisme, sur les paroles de Jésus-Christ, celles-ci entre autres : J'ai i^ autres brebis qui ne sont pas de ce bercail; et il faut que je les amène, .et elles entendront ma voix, et il en résultera un seul bercail et u» seul pasteur (2). Il y a donc, hors du grand bercail, des brebis qui écoutent la voix du pasteur éternel , qu'il tient pour siennes, qu'il veut amener^ et qui s<mt en marche vers la bergerie catholique ; mais beaucoup ne peuvent y entrer, empêchées qu'elles sont la plupart par une mort prématurée, d'autres par des obstacles qui ne pourraient être levés sans une sorte de violence aux lois ide l'ordre général. Qu'arrive- t-il donc? — En vertu de là communion spirituelle^ ces brebis entrent dans V Église triomph^inte sa^s

(1) Oui, le papisme est très-vieux ; car le premier p^iste» c'est ÎQOon^estahlçn^ent le créate^r du premier pape, Pierre, comme Iç preipier prédicant de rhérésie est celui que Xésus-chrlst appelle le premier déserteur de la vérUé, le père du mensonge. (S. Jean, vni, 44.)

{ii aai9t Jean, X, 46.

passer par I4 communie»;! ex^térieure de VÊgiis^ militante.

D. Cela me paraît très-plausible , très-^igne du Dieucharité et très-CQpsolant. Pourrait-ou conu^tre, jusqu'à uu jcertain point, quels sont ces âus sortis des uûlle troupeaux 4e rhéï^ésie ?

R. La doctrine catholique met en première ligne tous les £u£ants validem^nt baptisés (f Oit-ce même par un païen) qui ijiie^rent avant d'aYQÎ^ squiljié gravement la robe baptismale, et d'^yoir (npu pas matériellement et par ignorance, mais formejlemenjt et avec conscience de ce qu'ils fcmt^ professé l'héjcésie, sf)ii la résistance opiniâtre à l'autorité de la vériidple Église, suffisamment connue. Eii consultant les tables de la mortalité, vous verrez que c'est le sort de la moitié de ceux qui naissent dans le sein des églises séparées qui ont conserv.é intacte la foi au baptême, ou du moins la manière de l'administrer. Outre ces prédestinés, sur le sali^ desquels nous ne conservons pas le moindre doute, nous aimons à espérer qu'il existe, dans les sectes schismatiques et hérétiques, plus ou moins d'adultes qui, par leur entière bonne foi, par le saint usage des lumières chjrétiennes qui restent dans leur Église et qui leur viennent de l'Ësprit*- Saint, cooficrvent rinnocence baptismale ou la reQQuvr,eni; par les œuvres de pénitence et de charité, et tvouyf^ ainsi g^àce au tribunal 4f^ Jésus-Christ. Nous ne pensons pas que (^ âmes puissent éjtre condamnées pour avoir vécu en det^^ors d'une Église qu'elles n'auraient pu connaître que par des moyens extraordinaires ; moyens que JésusnChrirt n'a pas .cru devjoir employer, attendu que le Sauveur des âmes est aussi le conservateur des loiij^ de l'ordre naturel.

Soit ces enfants enlevés dans l'âge d'innocence , soit ces adultes^ dont Dieu seul connaît le nombre, sont pow nous des enfants animés du principe de l'éternelle vie, que l'ér pouse j(,égitip^e 4e ^ésus-Christ lui enfajyite par le ministère des concubines et des servantes, selon l'expression des Pères, notamment de saint Augustin.

Enfin, la foi, l'espérance et la ^hajrité catholique» vont

;>I«M iAin P'wuf^. *nf '*ffT0t yaritt^ 4i*>Tiie. 'thanoée par ks

Ir/^M, A/*n* f-:tf,yiKVK qn il 7 1 ^^n. et aiTL jwit toujuun y «v/ivr^ '^n n^n AtcK pi 1151 ^L<r^^ téDmhrfis de l'îdolàtne, des k^^/mên 4^ /y/iifk^ tol^mU, qnL par 1^ bon osase des lamièRS //f /IrMif^. ^. U ^/frtsinéint:^. et d» lomièm extraordiiKures #1^. V1^M\tfM AWtUj ont prj, peuvent encore, comme le centaff/m i'ÀmuàSU'.^ %*^lt^er à la connaissance, à ramonr daTnd UïMî H, A la pratique df;^ œuvres de charité {!) . :Nous discms hii'U HMi'4% II; îhtitUMr Angélique, saint Thomas d'Aqmn^que, I^Fiir ni'. [ifM laiHHi;r iricnmplète l'œuvre de leur sanctifica- VUfUf Uim lai r ni verrait au besoin un ange; mais, sans iMMiH l'^lolKm^r de la pensée du grand docteur, nous pensons ipir »l, pour dim rainons à lui connues, Dieu ne jugeait pas ft propoM d'oniplo^^er cm; moyen, ces hommes de bonne vih Imià NtM'iilotil puriiliïH, et do la souillure originelle et de loul(« Houlllurn ncludle, par un acte de cette charité parnilio, (|ul, «Maiil la pUiHlxule de la loi de Jésus-Christ, cùwon h mullihHh ihs péchés (2), et contient d'ailleurs le d&ir tiupliollo du ImptAmo ot do tous les moyens r^uliersde H<Hio(ilk^tiou.

VouM >ovoii doue que laromintinion des saints^ teDeqK uouH IVutoiidou!i« t^st vraiment catholique^ qu'elle comprori hm» U>s s^'i'>iUnirs du xrai Dieu* quelles que soient le \\M^>ttAU^Ys do tvuq^. de Ueu« de condition relisieiKe et ciAU\ d^iis k'^^uoU^ ils aient vécu ou Tirent eocoie »^K^ iK s Att^Hi^ ^v^ eiK\MW là.

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