‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 113 sur 230 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

dent dans les abîmes où il n'y a pins de retour possible à l'espérance et à la charité.

La communion des saints n'est pas autre chose que l'éternelle société des amis de Dieu, commençant ici-bas sur le théâtre de l'épreuve et du combat, se continuant dans le lieu d'expiation temporelle, appelé Purgatoire^ pour les âmes qui sortent de la lutte avec des obligations envers la justice divine auxquelles elles doivent satisMre avant d'entrer en jouissance du royaume de la parfaite justice ; enfin, se consommant dans le sein de l'étemelle cité des cieux. De là ces trois parties du corps mystique de Jésus-Christ, connues sons le nom d'Église triomphante j d'Église souffrante^ d'Église militante. Mais vous devez comprendre que ces trois Églises n'en font en réalité qu'une. La raison en est que, et les saints dans la gloire, et les saints dans le purgatoire, et les saints sur la terre, restent étroitement unis sous leur chef unique, Jésus-Christ, vivent de la même vie qu'ils reçoivent de ce chef et de l'Esprit sanctificateur, vie toute de charité : charité parfaite dans les saints du ciel, charité encore imparfaite dans les saints du purgatoire, encore plus imparfaite dans les saints de la terre, mais qui est toujours cette même charité divine que Jésus-Christ est venu allumer sur la terre, et qui est répandue dans nos cœurs par le Saint- Esprit.

En méditant ces principes, qui sont l'âme même du christianisme, vous en verrez jaillir, avec une grande évidence, la justification, et du culte que nous rendons à nos frères triomphant dans le ciel, et des efforts que nous faisons pour soulager nos frères souffrant encore dans le purgatoire.

Nous profitons de mille manières des travaux des saints qui sont dans la gloire ; nous avons la certitude que leur charité, déjà si grande alors qu'ils étaient parmi nous, n'a pu que prendre des développements infinis au sein du Dieucharité, et que rien n'égale leur tendresse pour leurs frères encore ballottés entre la vie qui demeure éternellement et la

plus loin. Fondés sur cette parole divine, chantée par les chœurs angéliques sur le berceau du Sauveur : Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! fondés encore sur d'autres paroles et sur des faits consignés dans les saints livres, nous croyons qu'il y a eu, et qu'il peut toujours y avoir, au sein des plus épaisses ténèbres de l'idolâtrie, des hommes de bonne volonté, qui, par le bon usage des lumières ordinaires de la conscience et des lumières extraordinaires de l'Esprit divin, ont pu, peuvent encore, comme le centurion Corneille, s'élever à la connaissance, à l'amour du vrai Dieu et à la pratique des œuvres de charité (1). Nous disons bien avec le Docteur angélique, saint Thomas d'Àquin, que, pour ne pas laisser incomplète l'œuvre de leur sanctification. Dieu leur enverrait au besoin un ange; mais, sans nous éloigner de la pensée du grand docteur, nous pensons que si, pour des raisons à lui connues, Dieu ne jugeait pas à propos d'employer ce moyen , ces hommes de bonne volonté seraient purifiés, et de la souillure originelle et de toute souillure actuelle, par un acte de cette charité parfaite, qui, étant la plénitude de la loi de Jésus-Christ, couvre la multitude des péchés (2), et contient d'ailleurs le d^ir implicite du baptême et de tous les moyens réguliers de sanctification.

Vous voyez donc que la communion des saints, telle que nous l'entendons, est vraiment catholique^ qu'elle comprend tous les serviteurs du vrai Dieu, quelles que soient les circonstances de temps, de lieu, de condition religieuse et sociale, dans lesquelles ils aient vécu ou vivent encore. Mais elle ne s'arrête pas encore là.

D. Et où va-t-elle donc?

B. Elle suit ses membres partout où ils vont, à moins que, par le péché mortel et Fimpénitence finale, ils ne se séparent eux-mêmes de la société des saints, et ne descen-

(1) Actes des apôtres, cb. X.

(2) Saint Pierre, Prem. ép., IV, 8.

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