‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 114 sur 230 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

dent dans les ahimes où il n'y a plus de retour possible à l'espérance et à la charité.

La communion des saints n'est pas autre chose que l'éternelle société des amis de Dieu, commençant ici-bas sur le théâtre de l'épreuve et du combat, se continuant dans le lieu d'expiation temporelle, appelé Purgatoire^ pour les âmes qui sortent de la lutte avec des obligations envers la justice divine auxquelles elles doivent satisfaire avant d'entrer en jouissance du royaume de la parfaite justice ; enfin, se consommant dans le sein de l'éternelle cité des cieux. De là ces trois parties du corps mystique de Jésus-Christ, connues sous le nom d'Église triomphante ^ d'Église souffrante^ d'Église militante. Mais vous devez comprendre que ces trois Églises n'en font en réalité qu'une. La raison en est que, et les saints dans la gloire, et les saints dans le purgatoire, et les saints sur la terre, restent étroitement unis sous leur chef unique, Jésus-Christ, vivent de la même vie qu'ils reçoivent de ce chef et de l'Esprit sanctificateur, vie toute de charité : charité parfaite dans les saints du ciel, charité encore imparfaite dans les saints du purgatoire, encore plus imparfaite dans les saints de la terre, mais qui est toujours cette même charité divine que Jésus-Christ est venu allumer sur la terre, et qui est répandue dans nos cœurs par le Saint-- Esprit.

En méditant ces principes, qui sont l'âme même du christianisme, vous en verrez jaillir, avec une grande évidence, la justification, et du culte que nous rendons à nos frères triomphant dans le ciel, et des efforts que nous faisons pour soulager nos frères souffrant encore dans le purgatoire.

Nous profitons de mille manières des travaux des saints qui sont dans la gloire ; nous avons la certitude que leur charité, déjà si grande alors qu'ils étaient parmi nous, n'a pu que prendre des développements infinis au sein du Dieucharité, et que rien n'égale leur tendresse pour leurs frères encore ballottés entre la vie qui demeure éternellement et la

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mort qui ne finit pas. Gomment donc ne pair lenr tkpTttiiét publiquement notre reconnaissance pour tant de iUthfaitSy ei ne pas inroquer a\ec confiance leur intereeèsioti auprès de notre diyin chef et père ?

Dans le nombre de ces saints, il en est dont la sainteté hors de ligne^ manifestée par des sigms eitraordlnaires, miraculeux, venus du ciel, et par la voSl dèè peuiirlès, a obtenu la sanction solennelle de TÉglise : quoi de pli3Ès dlgofe d'un chrétien que d'honorer, que d'imroquer ctox que Weu honore ainsi, lui qui nous dit qu'il vétit être glorifié dans ses saints (1) ! Il en est une infinité d'antrëS que nous ne connaissons pas personnellement . Pour nous, peuples anciens dans la foi, il n'y a pas une famille qid n'ait le droit d'espérer qu'elle a dans les cieux l'immense majorité de ses ancêtres et de ses proches. De là la popularité, si grande et si juste, de la fête de Tous les Saints.

Enfin, pourrions-nous oublier, sans faire irilollence à la charité chrétienne et au sentiment naturel, tant de défunts à qui, sans les avoir connus, nous n'ignorons pas que nous devons beaucoup; Tant d'autres, dont nous avohs connu, occasionné souvent les imperfections, les faiblesses ; tant de chers parents et amis qui, à l'heure suprême, nous ont dit, à traters leurs larmes et les nôtres : Ne nous oubliez pas devant le Dieu qui va nous juger ; nous espérons en sa miséricorde, mais que de dettes envers sa justice !

Quand le livre des Révélations ne nous dirait pas qu'rt est saint et salutaire de prier pour les défunts (2); quand la philosophie catholique ne nous montrerait pas que les âmes du purgatoire^ par là même qu'elles sont unies par la charité aux àraes glorieuses et aux âmes militantes, doivent profiter et des prières de leurs frères qui sont An ciel, et des prières et bonnes œuvres de leurs frères qui sont sur la terre , la nature seule nous porterait à la religioH si populaire des défunts.

(1) PS. LXVU, 36.

(2) II Machab., XII, 4G.

D'fittlléftr», (fai ne volt que cette commimatation irieessatrte et des saints qui jouissent des fruits de la i^aint€?<é,- et des saints qui expieiit duremeût leiïrs faiblesses les pliis légères, est une aâttilpabïe école de vertus ?

Votf S terres paf là même ce qtt*il faut pefiser dés saiivages réfoTrtîrtetffs àà. seizième siècle, ^ui, eu déchiraïrt FÉglise sur la tetre, oût, pfar l'abolition du culte des saiiits et dés suffrages pcfttf lés morts , coùsotnmé letir rupture avec le corps mystique de Jésus-Christ, dont les membres les phte parfaits et incontestablement les plus riombreux sont ddlls la gloîte, et les moins imparfaits dans le lieu dés souffrances qui doivent finir.

Quand vous rencontrerez Quelque dupe honnête des tristes préjugés semés par ces graûds coupables, dites-lui : Mon frère, vous me paraissez croire au jugement de votre âme par Jésus-Christ ; eh bien, comment pensez-vous pouvoir justifier devant le juge souverain cette contradiction de vos églises : Élever jusqu'au ciel et glorifier de toute mch nière les Luther, les Calvin, les Bèze, les Zwingky les Elisabeth, etc. y et laisser dans un profond oubli la mère de Jésus-- Christ j les apôtres^ les martyrs^ etc. ?

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