‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 120 sur 230 · LÀ VIE £T£R]V£LL · texte numérisé non relu

LÀ VIE £T£R]V£LL

D. Par la vie éternelle entend-on seulement l'éternité bienheureuse, ou doit-on encore y comprendre l'étemelle existence des réprouvés?

R. Cet article est le couronnement de tous les autres, surtout du onzième, et doit s'entendre dans le même sens que celui-ci. Ce que nous professons attendre avec foi, espérance et amour, par ces deux derniers articles, c'est la résurrection glorieuse de notre chair et la perfection suprême de la vie de notre àme par son intime et indissoluble unioa à sou objet, Uieu, et à sou sujet, le corps. Par là sera comblé l'abîme de nos désirs. Toute en Dieu par son chef, Jé-< sus-Christ, notre àme y acquerra une telle plénitude de vie, qu'elle n'en [inondera pas seulement son corps , mais tous les corps qui lui seront subordonnés (2).

Au contraire, séparés à jamais de la source première de l'ordre et de la vie, les réprouvés seront en proie au feu inextinguible de la division : division dans les facultés de

(1) Prem. ép, atLX Corinth., Il, 14.

(2) V. la Science de la vie, t. Il , leçon jllix.

livue II. 289

rame, toujours opposées entre elles; division dans les facultés du corps, s*entre-lieurtant sans fin ; division de l'àme et du corps, entre lesquels nulle paix possible; division dans la société infernale, où l'on ne voit, dit l'Écriture, nul ordre, fnais une éternelle horreur (1); enfin division entre les réprouvés et Vuniversalité des créatures armées par le législateur étemel contre les insensés qui n'ont pas craint de se constituer ses ennemis (2). Qu'est-ce qu'une telle existence, sinon une mort qui ne meurt pas , une étemelle mort ? Car la mort, comme l'ont si bien compris les Grecs, n'est pas autre chose que la division.

D. Je suis bien aise de voir que les auteurs du Symbole n'ont pas fait mention du dogme épouvantable de l'enfer, et vraiment je les en loue.

R. Vous ferez bien de réserver vos éloges pour une meil* leure occasion ; car les habitants de l'enfer sont mentionnés dans l'article où nous professons notre foi en celui qui viendra juger les vivants et les morts. Si dans l'explicatiou de Tarticle Vil® je n'ai pas insisté sur ce point, je suis prêt à réparer cette omission. Ce n'est pas là, il est vrai, une profession expresse de l'éternité des peines , et vous comprenez qu'un article spécial sur ce sujet serait déplacé dans la deuxième partie du Symbole, où Ton ne parle que de l'œuvre de la Rédemption, comme je Fai observé au commencement de ce livre. La place logique du dogme de l'enfer serait dans la quatrième partie, où la mort étemelle aurait pu être jointe au douzième article on en former un treizième. Que si les auteurs du Symbole ne l'ont pas fait, j'en ai déjà donné une raison, et en voici encore une autre, fondée, comme la première, sur la nature même du Symbole.

Qu'est-ce que le Symbole ? Je l'ai dit en commençant son explication : c'est le signe distinctif des chrétiens. Il n'est pas l'expression complète et détaillée de toutes nos croyan->

(i) Job« X, 22.

(2) Sagesse, \, 18-21.

ces ; mais il est le sommaire des croyances qui n'appartiennent qu'aux chrétiens. Il fallait donc y exprimer la foi au Père tout-puissant, créateur; au Fils fait homme, rédempteur et juge suprême ; au Saint-Esprit, sanctificateur ; à la sainte Église catholique, chargée de procurer la communion des saints, la réinissian des piehéSy et, par là même, de eonduire à la résurrection de la chair et à la vie étemelle. Voilà ce qui distingue la religion prèchée par les apôtres, de toutes les fausses religions, et même de la seule vraie religion qui fût alors dans le monde : l'ancien christianisme, dont tout le Symbole était dans la foi au Dieu tont-puissaiit et au libérateur à venir. Quant au dogmô de rétemité des supplices réservés aux méchants, il n'7 avait aucune raison de Finsérer dans le Symbole, attendp qu'il était Ifôbjet de la croyance immémoriale et universelle de toute s les nations.

iD. Le fait est-il bien certain?

• R. Le fait n'est pas seulement eertain, mais la démonstration en existe dans tant de livires, qu'il est devenu notœre. Les écoliers eux-mêmes vous niontreront, dans le sixième livre de VJÊnéide, la foi de Virgile et de ses contemporains à Vétemité des peines. Les lecteurs de Platon vous citeront les passages du Gorgias et du livre des LoiSj où le grand philosophe exprime sa foi et celle de son maître Socrate aux épouvantables supplices que souffriront éternellement les âmes incurables. Enfin le bon Plutarque, dans AOn livve de la Tardive Vengeance des dieux, est pour le moins aussi effrayant que l'Évangile dans la peinture qu'il iu)QS fait det^ supplices sans fin infligés aux grands ooupfd)les, pt des supplices temporaires destinés à purifia les âmes guérissables.

, .. Qu'il me suffise de vous citer sur ce sujet les paroles d'un 4es pli|s habiles et des plus anciens ennemis du christianisme : «t J^is clu^étiens, dit Gelse, ont raison de penser que peux qui vivent saintement seront récompensés après la mort, et que les méchants subiront des supplices éternels. Du reste, c(

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