‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 121 sur 230 · LIVR · texte numérisé non relu

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sentiment leur est commun avec tout le monde (1). <«

Cette foi de tout le monde ne pourrait-elle pas tous yé^ concilier, jusqu'à un certain point , avec le dogme ipàu-r vantableP

D. J'arpiJierai que cette foi universelle a quelque chose de très-imppsant. Ms^is je me t'explique par le Système d^ terreur auquel Tautiquité dut recourir, en religion comme en politiquf), ppiiir gouyemer les hommes avant leur lér forme morale par le christianisme. Ce que je ne peux m.'exr pliquer, c'est la conciliation de la foi aux supplices étemelp avec la ioîh ce Père céleste que TÉvangile appelle le Dku- Charité.

B. ]J est très-vrai que les objections contre Tenfer él^^ nely objections dç omUc valeur pour les théologiens et les philosophes non atjiées de Tancien monde, ont atiiquis une grapde influence ^r les esprits peu habitués à la réflexion^ depuis que 1^ ^i éyangélique a révélé aux hommes les trér sors infinis de la charité divine. C'est robseryation d'un apologiste contemporain dont je ne saurais trop vous exhorter |t lire et à méditer l'excellent travail, comme réunisr sant a l'eiçaçtitu^e théologique un admirable fonds df haute, de profonde et de vaste philosophie reUgieose (2)» Mais, sans entrer dans les développements liéceasaires pour une démons|xatioQ de tout point inattaquable, j'espère vous montrer que ces objections ne se fondent que sur une OQUrf ception très-étroite et très-f ausse de la charité divine , et que ^e dd^pne épouvantable, quand il est rangé à sa plaoe dans le système divin, apparaît aux esprits judic|eu:]^ comme une pièce indispensable à laquelle on ne peut toucher s^us ruiner le système.

Dites-moi, d'abord, si vous croyez q\kG Dieu ait pu, i^ans compromettre sa sagesse et sa bonté, créer les hommç^ d son image et 4 .^^ ressemblance , et voulpir que, s'ils n'ont

(1) y. Touvrage d'Origène, Contre Celse^A. VIII.

(2) y. Études philosoph. sur le christian.f par M. Auguste Nicolas, ancien avocat, t. H, 2* part., ch. 8.

pas toujours été, ils soient du moins doués d'une existence impérissable et qu'ils existent tant que leur Père céleste existera ?

D. Oui, je le crois. Je ne suis pas un dévot du néant. L'horreur du non^tre et le désir [de l'immortalité sont si bien enracinés dans le cœur humain, qu'on ne peut dter aucun peuple qui ait cru au sommeil étemel dans hs bras du néant ; ce n'est là que l'opinion d'un nombre plus ou moins limité d'individus ayant des raisons personneUes de praser ainsi.

B. C'est &i effet le triste désir de certaines âmes; mais il est écrit que le désir des pécheurs périra j qu'ils invoqueront la mort^ et que la mort les fuira (1).

L'éternelle existence des hommes une Ibis admise , nonseulement comme possible, mais comme infiniment probable , au seul point de vue philosophique, attendu que la raison ne voit en Dieu'aucun motif de nous retirer le don de l'existence, voici une autre question.

Jugez-vous indigne de la sagesse et de la bonté divine , comme aussi de la grandeur humaine, le décret par lequel Dieu aurait statué que les hommes s'élèveraient de leur misérable existence présente à la vie par&ite des cieux, non machinalement et en esclaves , mais noblement, grandement, en vrais enfants de Dieu , par le chemin de la liberté et de l'épreuve ; de sorte qu'au lieu de les transporter dans la cité céleste comme des automates , le juste rémunérateur puisse leur dire, au seuil du fortuné séjour : Entrez, bons serviteurs, je vous reconnais pour miens !

D. Ce décret me parait très-digne de Dieu et très-honorable pour Thomme ; mais à quoi ne s'expose-t-on pas en demandant à l'homme qu'il soit grand?

B. Cependant y a-t-il rien que nous convoiticms autant que notre grandeur? Et pouvons-nous bien nous plaindre,

(1) PS. cxt, 10. — Apocal.f IX, 0.

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