‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 132 sur 230 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

comment ces milliers d'opérations mystérieuses et contrastantes produisent en vous le double phénomène de la vie de Tesprit et de la vie du corps, sans déranger en rien l'unité de votre personne. Yous avez fait vos classes , vous avez longtemps écouté cette philosophie ^i s'appelle la science des sciences , la connaissance des causes premières et dernières de tout ce qui est ! Eh bien, on ne vous demande pas la définition exacte de tout ce qui est, mais seulement de vous-même.

Une fois que cette étude nous a bien convaincus du néant de notre science , l'humilité nous transporte sur un autre terrain. Elle nous dit : «« Si vous ignorez ce que vous êtes, vous pouvez du moins savoir ce que vous avez fait depuis le jour où vous avez acquis l'usage de la raison et la conscience de votre liberté. Examinez , année par année , jour par jour , heure par heure, l'emploi de vos facultés spirituelles et physiques, et voyez devant Dieu ce que vous devez en penser. » Si l'examen est profond, consciencieux, nous aurons beau être exempts des désordres graves qui humilient devant les hommes , nous n'y trouverons pas moins d'excellentes raisons de dire à Dieu : Gomment avez-vous pu supporter un si médiant serviteur?

Quand l'humilité nous a appris à faire ainsi la juste part de Dieu et la nôtre dans l'inventaire de notre vie, il est impossible que nous ne disions pas avec le Psalmiste : Seigneur, nom n'avons en propre que le néant (et, ce qui est pire que le néant, le mal) : en qui espérer, sinon en vous , source unique des biens que nous possédons et de ceux qui nous manquant (1)? Alors commencent la véritable estime et le bon emploi des dons qui sont en nous. Autant est vide et stérile la vie des orgueilleux qui disent : Tirons gloire de nos talents ; ils sont à nous : qui peut nous en demander compte (2) ? autant est pleine et abondante en bonnes œu-

(1) PS. XXXVÎII, 6, 8.

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