‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 136 sur 230 · IV · texte numérisé non relu

IV

De la Foi 9 et de nos devoirs sur ce sujet.

D. Qu'est-ce que la Foi ?

B. C'est un don surnaturel qui nous dispose à croire înébranlablement tout ce qu'il a plu à Dieu de nous révéler par son Église.

Sii LA PHILOSOPHIE DU CATÉCHISME CATHOLIQUE.

Que notre âme ait besoin d'une force surhumaine pour adhérer fortement à des vérités supérieures et antipathiques à notre nature sensuelle, c'est une vérité de foi et aussi de sentiment, ainsi que je vous Fai fait observer dans le premier paragraphe du premier article du Sjmbole. Mais il n'en est pas moins vrai qnil y a dans tpus les hommes uiie inclination naturelle à n'attendre que de Dieu lés lumières religieuses et morales. De là, l'universalité de la croyance aux religions réviélées ou supposées telles. Lé rationalisme, c'est-à-dire la prétention de connaître par nos propres torces Dieu et ses desseins sur nous, n'a jamais été, ne sera jamais que le fait de quelques déistes, sceptiques ou athées, ((ui ne veulent de religion que le mot. Et cette prétention de créer ou de découvrir par la puissance de notre raison la science de bien et des hoinnies, prétention que les païens eux-mêmes repoussaient, repoussent encore coniime une a bsurdité, comment serait-elle tolérable depuis qiie la lumière évangélique a mis à la portée des enfanis la science divine que cherchèrent vainement les Socrate , les Platon, les Aristote?

A la vue de l'immense révolution opérée par le christiauisnie, à la vue de cette Église catholique qui est le pliis étonnant et le moins contestable des miracles (1), pour douter encore du fait de la révélation divine, il faut s'enfoncer dans l'ignoraiicé , se bourrer de a^ophisines, lutter contre l'évidence historique, s'ensevelir dans le tombeau (lii scepticîsnie, oiî dévorer les contradictions de ces systèmes philosophiques dont l'infortuné Jouffroy disait, peu de jours avant sa mort : Hélds ! monsieur le curé, tous ces systèmes ne mènent à rien. Vaut mieua! mille et mille fois un bon acte de foi chrétienne (2).

La foi répondant à une aspiration naturelle de notre-

âme, et la foi chrétienne portant avec elle des câractèrcs-

(1) V. plus liant, l'étude (lu troisième fait.

(2) Voy. la lettre de M. Martin de IVoirlieii, curé de Saint-JaoqueS| dans lej Études philosoph., etc., de M. Wicolas, 1. 11, p. 259 (2« édit.).

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de vérité propres à convaincre tout esprit droit , il ne faut pas s'étonner que Jésus-Christ l'ait exigée impérieusement, en ait fait une condition, s /ne qua non de salut pour tous ceux à qu|. sa parole serait annoncée. Allez dans l'univers^ prêchez VÊyangile à toute créature. Celui qui aura cru et reçu le baptême sera sauvé ; mais celui qui n'aura pas cru sera condamné (1).

Sans la foi, nous ditrApôtre, il est impossible de plaire à Dieu (2). La raison, en est évidente. Quand Celui qui sait tout daigne parler à des créatures qui ne savent rien , le devoir de celles-ci u'est-il pas dç soumettre leur raison d'un jour à l'éternelle raison? Si elles refusent de le faire, si elles prétepdç^t en savoir jutant et plus que Dieu, n'y at-il pa^ là la plij^ absurde des révoltes , la plus révoltante des folies, la folie de l'orgueil?

£t puiS) comment plaire à Dieu si l'on n'observe pas ses commandements, et surtout le premier : Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement? Or comment adorer et aimer Dieu comme il Tentend, si , faute de croire à sa parole, on redite dans l'ignorance de ce qu'il est et de ce qu'il veut? Otez la foi aux enseignements de Jésus-Christ par l'Église une, sainte, catholique, apostolique ; vous avez autant de dieux et de, religions qu'il y a de têtes. En réunissant ce que j'ai ditdî^ns le cours de cet ouvrage, je pense n'avoir plus besoin de vous démontrer les deux axiomes suivants : — Il n'appartient qu'à Dieu de nous apprendre ce qu'il est, ce que nous sommes et ce qu'il exige de nous; et il n'appartient qu'à l'jilglise de Dieu de répéter fidèlement à l'universalité des hommes les enseignements divins. — Pas de milieu : pu le catholicisme réunissant les hommes dans Tunité 4® foi ou de culte, ou le fétichisme permettant à chacun de croire et d'adorer ce qui lui plaît.

D. Oui^ je crois comprendre cela. Il nio reste à counaitre quels sont nos devoirs touchant la foi.

(1) s. Marc, XVï, 15, 16.

(2) Ép, aux Hébr,, XI, 6.

R. On peut réduire ces devoirs à trois : l" s'instruire dans la foi ; 2" professer sa foi ; 3° préserver sa foi.

Et d'abord sHnstruîre dans la foi. Vous avez déjà pu voir que l'incrédulité ne vit que d'ignorance. Ses meilleurs arguments contre l'existence de la révélation ne résistent pas au moindre examen des fondements historiques da christianisme. Ses objections les plus spécieuses contre les mystères reposent sur une fausse idée de la doctrine catholique ou ne prouvent qu'une chose : que nous n'avons pas la compréhension parfaite de l'Être infini et de ses oeuvres, ce qui ne peut étonner que les sots. Un homme bien instruit de la foi catholique au point de vue doctrinal et historique , qui la jugerait inacceptable, serait un prodige, et j'ai la conviction que ce prodige n'a jamais existé.

Mais ce n'est pas seulement pour se délivrer du mal de l'incrédulité et le combattre dans les autres, qu'il convient de s'instruire dans la foi ; c'est aussi le premier devoir, TafTaire la plus importante de tout homme qui veut se donner la peine de réfléchir un peu sur le phénomène de son existence. Pourquoi, 'en effet, passons-nous quelques jours en ce monde ? Pour connaître^ servir, aimer le Dieu qui nous y a placés, et, par ce moyen j obtenir la vie itemelle, nous dit le catéchisme ; et la vie éternelley nous dit le divin Maître, est toute en cecij qu'ils vous connaissent j vous seul vrai Dieu, et le Christ Sauveur que vous leur avez envoyé (1).

On peut défier tous les rationalistes nés et h naître d'assigner un autre but, tant soit peu raisonnable, à l'existCDce des deux cent milliards d'hommes qui nous ont précédés dans le douloureux pèlerinage de la vie. Leur voyage terrestre et le nôtre serait le plus révoltant des mystères, s'il n'aboutissait pas (comme l'a toujours cru le genre humain, en dépit des grognements de l'athéisme) à un monde habit par la justice, et où chacun moissonne ce qu'il aura sem ici-bas, le bien ou le mal.

(1) s. lean, XVII, 3.

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