‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 137 sur 230 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Or, si la vie éteraelle est toute dans la connaissance et l'amour parfaits de Dieu et de Jésus-Christ, le bon usage de la vie du temps ne doit-il pas être de croître m grâce et dans la conr^aissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus^ Christ (])? La juste peine de celui qui ignore (par sa faute) étant d'itre éternellement tjjfnoré [(2), et Jésus-Christ nous ayant prév^u qu'il rejettera les vierges folles, coupables seulement d'avoir laissé s'éteindre dans leur âme la lampe de la foi, et qu'il répondra à toutes leurs instances : En virile^ je ne vous connais pas (3) ; n'eq voyez-vous pas résulter, pour tout catholique non privé d'iatelligence, l'obligation rigoureuse, indispensable, de connaître suffisamment les choses nécessaires à croire et à pratiquer ? D. Quelles sont ces choses ?

B. Ce sont les principaux mystères et le Symbole des Apôtres qui en est l'abrégé, les Commandements de Dieu et de l'Église, les obligations les plus graves de chacun dans sa profession, les Sacrements dont la réception est obligatoire ; enfin, quelques formules de prière, surtout le Pater et ÏAve. L'ignorance en cette matière serait d'autant plus impardonnable dans les esprits cultivés, qu'il est rare que nos villageois les moins lettrés s'arrêtent à ce premier degré de l'instruction religieuse.

D. Et quels sont les moyens de s'instruire dans la foi ?

B. Le premier, le plus efficace, est celui que Jésus-Christ

^ établi pour tous, en disant : Allez^ enseignez.. Qui vous

écoute m'écoute ; et qui vous méprise me méprise. Et celui

qui me méprise méprise celui qui m'a envoyé (4).

La foi nous vient par l'orne^ dit saint Paul; le moyen, c'est 2a parole du Christ ^ et la parole du Christ prêchéepar V envoyé du Christ (5). Peut-on méditer le prodige de dix- Ci) s. Pierre, Deux, ép.^ III, 18.

(2) SaÎDt Paul, Prem. ép. aux Cor., XIV, 38.

(3) Saint Matthieu, XXV, 12.

(4) s. Luc, X, 16.

(5) Ép. aux Rom-f X, 14, 17.

Jiuit millions de bouches sacerdotales redisant, durant dixhuit siècles, dans toutes les langues et à tous les degrés de latitude et de longitude, la même doctrine du Christ, et de^ mander s'il y a obligation, pour lès disciples du C!hrist, de ne pas laisser ses envoyés prêcher dans lé vide (1)?

A la parole publique et officielle, qui sort vivante dé la bouche 'du pasteur, est attachée une force secrète qui niismque à la parole inanimée qu'on trouve dans les lÎYres. Je suis loin, certes, de déconseiller la lecture des bons livres de religion, qui sont le second moyen de s'instruire et àe se fortifier dans la foi ; mais je dis que celui qui peut joindre Tiustruction orale publique ou privée du pastëar aux lectures particulières, profitera beaucoup plus de cellesi-ci,* et ne courra pas le riisqûe de prendre dans les meilleurs livres des erreurs qui n'y sont pas. Enfin l'assiduité aux instructions publiques est une excellente manière de professer sa foi et de la prêcher aux autres; et on peut dire qu'aujourd'hui c'est une nécessité sociale, le devoir d'un bon citoyen. Qui peut ignorer maintenant oii vont les masses, les prêches qu'elles écoutent et les fêtes sauvages qu'elles préparent, quand les classes supérieures leur donnent l'exemple de la désertion des églises ?

Mais l'instruction, soit écoutée, soit lue, pour nourrir l'àme et s'approprier à ses besoins, doit être digérée par la méditation. La parole religieuse rencontre si peu de sympathie naturelle dans nos pensées et nos affections terrestres ; elle est tellement'combattue par tout ce que nous entendons et voyons chaque jour, que, descendlt^lle ré^ gulièrement dans notre âme tous lés jours du Seigneur, elle y resterait sans fruit, si le labour de la méditation et la rosée de la prière ne secondaient sa divine fécondité. C'est dans la méditation, c'est-à-dire la réflexion fécondée par là prière, que ces vérités, d'abord vagues, obscures et froides,

prennent un corps, s'irradient, s*embrasent, dévorent toutes

(1) V, llv. î, troisième fait, cli. 3.

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