‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 14 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Que le Dieu de Tunivers est bien le Dieu de rÉrangile.

D. Qu'entendéz-vous par là : le Dieu de l'univers, etc. ?

B. J'entends : 1® que le Dieu dont nous venons d'entre- TDir les œuvres ne peut être ni le grand dieu adoré autrefois par les Grecs et les Romains sous le nom de Jupiter, ni le grand dieu adoré encore aujourd'hui par les peuples de l'Jnde sous le nom de Brahma. Le fils de Saturne et de Bhée, tiUaité par une chèvre dans un antre de l'île de Crète, a pu fournir aux poètes de l'antiquité la matière de beaux vers et de mille historiettes grivoises ; mais le bon sens philosophiqiiene verra jamais dans ce dieu viveur la cause suffisante d'un l^gétal, d'un insecte. Il en est de même du dieu des Hindous, plongé dans un sommeil qu'il n'interrompt, tous les quatre ou cinq cent mille ans, que pour briser les fantastiques créations émanées de ses rêres. La seule chose que l'on pût attribuer à cette divinité dormeuse, ce serait le système religieux et social qui régit la plus scminoîente des races humaines.

J'entends : T que le Dieu de Ttiniterè ne piBtit pas èlife le dieQ fataliste de TAlcoran , enclave d'une âtèiiglë liéiseiMsité^ auteur du mal comme du bieU) et dés erëatiohâ les pitié burlesques qu'il soit possible de icoridevoit*. Digne d'tid peuplé sensuel et brutal^ ce dieu serait un tiioiistfê, û*eût-il fait que choisir pour interprète de ses vdlotité$ le despote sanguinaire et lascif qui dit à ses eroyallta î ÊgdrgeÉ OU aëcablez d'aTatiîes ceux qrii refuseront rAlcorau; empdlez ceux qui oseront le discuter, et traitez là femme cdmtne utiè brute destinée à yos ébats sur la terre.

J'entends : 3** que le Dieu de TuniTers nfe peut pas être le dieu mécanicien des déistes, lequel^ après ayoir ot^ganisë le monde comme une horloge^ le ferait marcher en yertu de forces mécaniques mises eu Jeu par une impulsion première; Quand il s'agit d'expliquer j dans la matière brute et inerte, pas seulement des prodiges d'organisation saTante , maié une infinité dé mouvements marqués au coin d'une ineffable sagesse, les forces mécaniques j dénuées d'intelligebce^ sont aussi ridicules et inadmissibles que les forces du hasard et de raveugle nature^ alléguées par l'athéisme. De part et d'autre, ce sont des mots vides de sens.

Et le simple bon sens, qui s'en tient aut premier^ aperçus f et le génie i, qui des détails profonds de l'aualj^se re-^ monte aux conceptions générales , s'accorderont toujours à reconnaître qu'un mondé où resplendissent de touted parts l'intelligence et la vie est l'altivre manifeste du Dieu vivant^ communiquant sans relâche à la matière la vie, le rhoUvè* ment et Vêtre{\); continuant de tout régler avee mesure , et nombre et poids (2) ; mesurant au même compas les mou- Tements de l'animalcule et l'orbite des astres ; calculant le nombre des muscles de la chenille et le nombre des planètes ou des étoiles nécessaires à chaque zone céleste; pesant à la même balance la quantité d'azote et d'ôxjgène qui entre

(1) Actes des apôtres, XVII, 25, 28.

(2) Sagesse, xi, 2i.

dans un atome d'air, et les masses énormes qui s'équilibrent dans l'espace ; veillant avec un infatigable amour sur l'être le plus chétif comme sur l'universalité ; brodant pour l'aile du papillon ou Vherbe de nos champs un manteau plus éclatant qus celui de Salomon dans toute sa gloire (1) ; as* signant aux petits du passereau leur pâture , et au cheveu de notre tête l'heure de sa chute (2).

Or , je vous le demande , qu'est-ce que ce Dieu , sinon le Dieu de l'Évangile ?

D. Qae l'intelligence et la vie, répandues avec profusion dans les moindres choses, accusent une Providence qui n'a rien abandonné au hasard, à la bonne heure ; mais que le Dieu-charité de l'Évangile se montre à découvert dans le gouvernement de la nature', cela me parait moins certain. Si les désordres et les crimes des hommes s'expliquent par l'abus de leur liberté, il n'en est pas de même de la guerre incessante qui règne parmi les animaux et de leurs hostilités contre nous. Théâtre de pilleries et de carnage , la terre offre à ses habitants un spectacle trop douloureux pour qu'on ne se demande pas si c'est bien là l'œuvre de l'amour divin.

R. Cette question, si embarrassante pour les philosophes de l'antiquité, le catéchisme catholique apprend aux enfants à la résoudre ainsi : La terre n'est plus ce que Dieu la fit dans l'origine. Son chef ayant malversé, elle dut en souffrir, comme toute maison souffre des malversations de son chef. Avant même la prévarication de son roi, la terre n'était pas la demeure permanente de l'homme ; elle n'était qu'un lieu de passage et d'épreuve. Elle Test toujours , et,, par une admirable disposition de l'amour divin , les maux de la vie présente contribuent puissamment au bien des amis de Dieu (3).

Pour le moment, acceptons à titre d'hypothèse ce dogme

(1) Saint Matthieu, VI, 29.

(î) Ibid.,X, 29-31.

(3) SaintPaul, Ép. aux Rom.y VIII, 27

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