‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 141 sur 230 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

dents , les plus affreux supplices ne connaissent ni adoucissement ni fin. La foi nous dit : Autant vous devez espérer d'entrer dans la première, en vous fondant sur la bonté de Dieu, sur les mérites de son Fils et votre fidélité à sa loi, autant vous devez craindre de tomber dans l'autre, en pensant à votre faiblesse et à vos transgressions.

Que le Dieu de Luther n'envoie au feu éternel que les ennemis du prophète wittembergeois, les abominables papistes qui croient à la nécessité des bonnes œuvres ; qu'il ouvre le sein de sa gloire à ceux qui n'hésitent pas à se mettre du nombre des saints^ eussent-ils commis, en un seul jour, cent mille meurtres, cent mille adultères {{) \ à la bonne heure ! — Que le dieu des honnêtes gens, que Voltaire enfant apprit sur les genoux de Ninon de Leaclos et de son parrain Ghâteauneuf ; — que le dieu d Emile, que Rousseau trouva dans ses liaisons avec madame de Warens et les femmes sans mœurs qu'il rencontra sur sa route ; — que le dieu des bonnes gens y créé par nos Pindares des mauvais lieux ; — en un mot, que les cent mille dieux inventés par le paganisme ancien et le paganisme moderne, n'aient rien qui intimide leurs adorateurs et gêne la liberté de conscience; on le comprend.

Quand on fait des dieux , pourquoi ne pas les faire à 8on image ? Pourquoi ne pas leur dire : Faites peur aux coupe-jarrets qui menacent notre bourse, notre vie ; mais gardez-vous d'inquiéter V honnête homme qui, n'osant prendre un centime à ses voisins, débauche sans scrupule leurs femmes, leurs filles, concourt à voler des centaines de millions dans la poche des contribuables, et ne néglige rien pour faire d'un État une étable à pourceaux !

Il n'en est pas ainsi du Dieu qui a créé, coordonné et qui conserve les cieux, la terre et tous leurs habitants. Ce Dieu qui pèse et mesure les mouvements de notre esprit, de notre cœur, avec autant de soin qu'il a compté les che-

(I) V. pour la preuve, la Solution de grands problèmes, t. II, ch. 37-43.

330 LA PHILOSOPHIE DU tAtËtflISME CATHOLIQUE.

\etxt de notte tête et les graifis de poufesiéiré etilorântë qdî ëmbellissétit Tàile dU papillon, hous pertnet bien d^ n6il^ Mbé Ici-bàB d6B dlenjt ausl^i bonasëëB ^lie pbssible et de rester jusqu'à là fin fidèles à letir ctllte; niais 11 nbd§ avertit qu'il vleudra une heure bh ces dieul et lètirs ifinombrables adbf ateiits jde rèmpéchêMtlt ^i^ lui , Éîeii dëé dieux ^ de nous etivoyer au feu qui ne s^Heint pas^ et de répondre à ùos hurléinènts pàf Ife $dUHté d*ttn étei^tièl mépris (1).

Ce Dieu, pour eoufiriuei* ces menàbes et ttbdS doUnei* ëh même temps le moyeti dé les éviter, nous a ^bo^é îè hh Unique, qtli il'à cessé de iiôuij dire : Né ftaijjnez pâÈ cèuiJ qui aient la iHe dU cotpÉj Èàns pôUvôit ôUr dette de tàfhé; mais plutôt tMgneï celui çiiî peut perdre tt l'Atne et k ébrpsdmi renféf-l^). Je crois totis l'àtôli^ dit, eh ëipUquàut le deftttei* article dti SyitiKde : Ce qdl tûé tdiîs îéfe doutes Stlr reklstënce des stipplices ëtëi*nëlâ, ce qtii pulvérise tous lëâ sophismes pdr leâqdélâ l^exëgèse Hërétiqtiê cherche à dénaturer la terttblë peinturé que Jéfeils-Clhriêt nous en fait, d'est la croix, c'est le spècttlclë des épôuVëtitables sévices de là justice divine ëôhtrë le Saidt des éàints. Voilà ce qui a fait, ce qui fidt ëncOi*e ftëmir et tfèmblët le^ aines les plus pureë, les plùS fediiltes. Oh, ëh)JreÉ-le bien, quand il S'agit de cOùhatti^ Dieu, le téldoigùâ^è d'tiii saint est préférable aux belles phi^asés d'uil /nilliôn de discoureurs dont là Vie n'a été qu*un long mépris de la morale et des ëxëinpleS du Fils de là Viéî^.

b. Je ne teul pas renodvelët» liies anciennes objeëtlôhs contre la sévérité des jugëdients de Dieu; rtiais je petise que, dans un siècle comme le îïôtre, ett insistant trop sUr cet article, on ne ferait que rtndi^è là l^Ugiôn ôdieUse.

E. Sans doute, il ne fadt pas se botnef à montitel' le côté effrayant de la religion ; mais qd'dtt se garde de le tenir dans l'ombre ! Plus qu'aucun autre, notre siècle a bc-

(0 Deuléron., XXXII, 37, ZS* — Prov., }, 26. (2) s. Matthieu, X, 28.

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stiitt d'y croite, et par consëqtient d'eiï entendre parler. Pourquoi l'etitfer fait-il irf nptioti soiis nos yeux par Tâboifllndtlôn de Èéé dobtrlnês , dé Ses pi*6jëts ^ à &tl§l^i dé ^éa eiplbltâ, ^tiàtid lëi^ bàlôiinettés âé sotit pas là eli nombre; suffl^àfat ptmi ôontenif leë déMotiâ deb i^ofeiétéë secrètes '/ Pourquoi cet enfer dans le tèto^lfe , sifaôil pâi*cë ^uë là foi à rénter dé l'ètérnitë à feUbi iinë baisse ?

Quant aux aines i^énslblés qii'ëgltefdît trop la crainte de la justice divine, il faut leur dire i Voukz-toUs ne pas trop craindre DiéuP Jetez^tous dans ses bras, A Texémple du salut dôétëUr à qui noue devons cette belle péiiséc (saint AUgUstlh), déplore:^ tos égarettielits, iàites-en pénitence; ne négligéi rien pôui* eritreteiilt* datis \otre cteiir cette divine chdHiè qui en bannit ta erainie^ non là crainte filiale qui redoute dàtià le pëëhé Toffenfee du itiéilleur des pères, niais la crainte sertile qui né détesté qdé Ife châtijtneUt et redouté peU lé supplice dfeS SUpplibfeg dé l*ënfer : Vtmpoêiibiïiié de jàrhaiè àifàer VÊke injihmènt ôoh, et d'èh être aifnê,

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