LIVRE III
qui, yers le mêmq temps, conquérait rirlancje au christi^msme, et eu faisait VJle des saints. Les libres penseurs des t^ois derniers siècles , secqndés par 4^^ armées de bourreaux, ont entrepris de réformer V œuvre du {aqu^ir^ et i]s ont admirable]|ien| réussi à faire de Vl]€ des saints Vile des faméliques.
Aux douzième et treizième siècles , FEuropfi , (Jélivrée à gre^nd'peipe de la barbarie sauvage, s*enfonçait dpns le culte poli, mais encore plus barbare, des jouissances inatérielles. L'islamisii^e, qu'où était all^ cqm})attre au dehors , sMnfiltrait de mille manières dans les uiœurs, et même dans ia doctrine, de raveu dçs historiens les moins suspeptsaiix libres penseurs, ^int Dominique et saii^t François arborent l'étendard de la pauvreté et de la mortification évangélique, et poussent le cri : J'out est vanité et fojie^ hors aiifner J)k\i el ne servir que lui seul ! Une grande révolution s'opère, et le travail ^e la civilisation commence par pq il doit commencer, par le triomplie de la morale de Jésus- Christ, de lamour de Dieu et de nos âmes sur l'amour ignoble et le culte égoïste de la partie bestiaje de notre nature.
Quant apx barbouilleurs qui n'ont pas craint de prodiguer l'outrage et l'ordure ^uj hpmmes diyins qup l'univers catholique a élevés et vénère §ur npjs autels, il ne faut ma?]quer apcune occasion de leur dire : Que ypws ne compreniez rien au culte de nos grands homiïies pour la pauyrelé et la souffrance; que yous te|:iiez pour insensés les princ^^s et princesç^s qui , à levir exemple , non cqntents de servir les membres soufl^^nts de Jésus-Christ dans les indigents et les malades, portaient la vénération jusqu'à baiser leurs plaies les plus dégoûtantes ; que voys vous pioquiez de leurs extases, dé leurs stigmates, de Ipurs miracles, on Ip conçoit. Vos maîtres de philosophie ypus ont appris que Dieq^ c'est la qature ; l'homme , une fluasse de chair organisée poqr le plaisir. En mettant tout l'esprit du monde à embellir, à diviniser cette philosophie et à traîner dans la boue ceui^ (|ui 1^ çpînbattent, yoïis êtes conséquents. Mais nous qui ayons
336 LA PHILOSOPHIE DU CATÉCHISME CATHOUQUfi.
goûté uue autre philosophie que celle des mauvais lieux ^ nous tenons pour de grands et excellents esprits ceux qui servent et vénèrent dans leurs frères cloués sur un lit de douleur le Dieu cloué sur la croix , et pour de grands sots ceux qui prodiguent l'encens de leur adoration et des serments éternels à une idole de chair, que le fossoyeur devra emporter demain, de peur qu'elle n'empuante le quartier.
Extases pour extases , nous préférons les extases de l'amour divin aux extases ordurières de vos héros de romans. Stigmates pour stigmates , mieux valent les stigmates de saint François que les stigmates que vos coreligionnaires étalent dans telle salle de nos hôpitaux que la décence empêche de nommer. Enfin , si les miracles de nos thaumaturges n'ont pas toujours conquis leurs contemporains à la vertu, du moins ils n'en ont jamais fait des monstres de luxure et de férocité. Ce miracle vous était réservé , à vous insulteurs effrontés des plus hautes vertus chrétiennes , et restaurateurs du culte infâme de la chair. D^où sortaient ces légions de cannibales qui demandaient naguère à se plonger dans le carnage et le viol? A quelle école appartenaient ces chefs qui délivraient froidement des bons sur les femmes et filles d'aristocrates? Ah ! si vous ne reconnaissez pas dans ces sauvages les enfants de votre cynisme philosophique et littéraire , et dans les braves qui vous ont sauvés comme nous du couteau de ces furieux , les enfants de la morale chrétienne, vous méritez qu'on vous grave au front le reproche de fanatisme imbécile et de stupidité^ que vous avez osé jeter aux génies civilisateurs de l'Europe !
D. La leçon est rude, mais je la crois bien méritée.
R, Oui , certes; c'est le langage de la vérité pure, et aussi celui de la charité fraternelle bien entendue. C'est charité d'abord envers tant d'àmes que ces misérables salissent et corrompent , par la réputation de savoir et de littérature qu'ils se sont bâtie les uns aux autres sur le large fondement de l'ignorance des lecteurs. C'est charité aussi envers les coupables, qu'on ne guérira pas de leur indicible