LIVRE m
les consoler ; pourvoir^ selon nos facultés , à leurs bespinH spirituels et temporels ; nous rappelant cette parole (}e Jé*sus-Christ à ceux qu'il recevra dans sa gloire : Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères^ c*est à moi que vom Vavez fait (1); celte parole aussi de l'Apôtre de la charité ; Celui-là est un menteur y qui dit qu'il aime Dieu et n'aime pas son frère. Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit^ comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas (2)?
QUATRIÈME COMMANDEMENT (l«Me la seconde table),
« TES PÈRE ET MERE HOKORERAS, AF|M QUp TU VXY^
LO]^6UEM£liX. >
D. Que contient ce commandement?
R. Pris, non dans le sens étroit et judaïque de la lettre, mais dans le sens plus large que lui a donné l'esprit chrétien, ce commandement renferme la loi fondamentale de la société domestique, religieuse et civile; loi qui, bien observée, assurerait la tranquillité des individus, des familles, des États, et nous permettrait de passer, en plus grand nombre, et après de longs jours, du sein pacifique de la cité terrestre dans le sein de réternelle cité des deux. Vous n'ignorez pas, en effet, que le catéchisme catholique , dans l'explication de ce précepte divin, nous montre, non-seulement les devoirs des enfants envers leurs pères et mères, et les devoirs de ceux-ci envers leurs enfants , mais aussi nos devoirs envers nos supérieurs quelconques de l'ordre religieux et civil , et les devoirs de tous les supérieurs envers leurs subordonnés.
Le fondement de cette agglomération est visible pour ceux qui ne veulent pas s'aveugler. Dieu n'a jamais connu, ne connaîtra jamais les divisions et séparations que nos sé-
(1) s. MaUhieu, XXV, 40.
(2) s. Jean, Prem. ép.y IV, 20.
cularisateurs modernes ont vonla établir entre la société domestique, la société religieuse et la société civile. Ces trois choses, pour lui, n'en font qu'une : femille, pouvoir ecclésiastique, pouvoir civil , tels sont les éléments inséparables dont il a voulu former la société humaine, et à l'accord desquels il a attaché la vie des nations. Son plan est des plus simples. Gomme il n'a pas voulu que les hommes fussent des êtres indépendants les uns des autres, Dieu s'est toujours servi des pères et mères pour appeler les hommes à l'existence et les initier à la vie de l'àme et du corps; mais, pour que les parents fussent capables de cette fonction divine, il les a subordonnés à deux ministres : l'un, portant le livre de la loi qui ordonne le bien, défend le mal ; l'autre, tenant le glaive qui protège la liberté du bien , intimide et punit la liberté du mal. On aura beau chercher : une nation gouvernée par elle-même, sans sacerdoce, sans magistrat, est aussi introuvable qu'une nation où les hommes naitraient d'eux-mêmes, sans le concours des pères et mères.
Il n'y a donc, devant Dieu, qu'un pouvoir formateur et conservateur de la société : ce pouvoir, c'est le sien, c'est sa paternité, qui est l'unique source^ comme dit saint Paul, de toute paternité dans les deux et sur la terre (1). Cette paternité, il a daigné y associer trois classes d'hommes : 1 " nos pères et mères selon la chair , ministres du pouvoir infini par lequel il veut que nous , qui hier étions un pur néant , des êtres simplement possibles , nous soyons aujourd'hui des hommes doués d'une vie réelle; 2® les pères selon Tesprit , chargés de nous conduire dans le chemin de la vie parfaite et souveraine qui nous est promise; 3® les pères dans Tordre civil et politique, chargés de nous protéger tant que nous marchons droit , et de nous réprimer et punir, quand nous voulons substituer nos mauvais instincts aux règles de la morale. Ces trois classes de pères, ces wt-
{i) Ép. aux Éphés., ni fiô.