‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 159 sur 230 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

puis le grand seigneur jusqu'au pauvre joui^nalier , remplissent fidèlement les devoirs de la famille et du citoyen, se livrent paisiblement, dans les champs ou dans les villes, à des occupations nécessaires, utiles, ou du moins innocentes, usent honorablement d'une aisance honorablement acquise, ou ne songent à l'acquérir que par des moyens irréprochables. Qu'est-ce que la populace , soit le peuple des révolutions? C'est la sentine de toutes les conditions sociales, l'armée des vauriens; elle a pour état-major les débauchés et les déconfits des classes supérieures, qui, ne pouvant échapper à la misère et à l'abjection que par l'exercice du pouvoir, visent au pillage de la richesse publique et des fortunes privées, sous le nom de réformes politiques et sociales ; elle a pour soldats cette tourbe de fainéants sans mœurs, n'espérant que dans le désordre , ne réclamant le droit au travail et à l'assistance que pour jouir sans travailler. Tenir le glaive incessamment levé contre cette armée du vice et du crime, en empêcher l'organisation, le recrutement, en diminuer le nombre : tel est le devoir de tout bon gouvernement. Mais savez-vous quel est le moyen le plus efficace d'augmenter le vrai peuple et de diminuer la populace ? C'est de faire aimer la famille et honorer le pouvoir paternel, sans lequel il n'y a pas de famille.

La famille est le moule irremplaçable dans lequel se forme et se conserve l'homme vertueux. Règle générale : nous ne sommes toute notre vie que ce que nous a faits la famille, et nous ne valons qu'en proportion de notre amour pour elle. Il n'y a que trois hommes qui s'ennoblissent et s'élèvent en sortant de la famille : le prêtre, le religieux et le soldat : pourquoi ? parce qu'ils sacrifient les jouissances et les intérêts que leur offre une famille particulière à la prospérité et à la sécurité morale et matérielle de toutes les familles.

Le sacerdoce ne peut pourvoir suffisamment à l'éducation religieuse des enfants qu'autant qu'il obtient le concours des pères et des mères, des instituteurs et institutri-

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CCS de la jeunesse ; et voilà pourquoi il doit exercer la plus haute influence et dans Tacte constitutif de la famille , le mariage, et dans ce qui décide de l'avenir des enfants et de la famille, Téducation. Séculariser le mariage et l'éducation, c'est le chemin le plus court à l'abolition de la famille.

Le pouvoir politique n'a pas, dans l'ordre civil, de meilleur appui, de plus fidèle gardien des traditions d'honneur, de dévouement au prince, à la patrie, que le sanctuaire domestique. Tout ce qu'il ôte à l'esprit de famille et à l'autorité paternelle est acquis à l'esprit révolutionnaire. On ne fera jamais de bons citoyens avec de mauvais fils. Ceux-ci ont toujours été et seront toujours les plus actife prêcheurs et fauteurs des perturbations politiques ; et quand la populace les a portés au pouvoir, ils ne manquent jamais d'en user à la plus grande gloire de la populace , en travaillant à détruire ce qu'ils appellent le despotisme paternel et clérical^ V esprit misérable de famille et de clocher. Or, quaod, par le mépris de l'esprit de famille et de clocher, un pays se peuple de grands et de petits patriotes qui ne croieiit plus qu'au droit et au devoir de gouverner la patrie, le pays est perdu, s'il ne s'y rencontre pas un bras assez fort pour enchaîner les patriotes et travailler, avec le pouvoir religieux , à restaurer le foyer de la vie sociale sur son éternelle base : Tes père et mère honoreras , afin que tu vives longuement.

Vous pouvez maintenant vous faire une idée juste du premier commandement de la seconde table, et saisir son rapport avec celui de la première : Un seul Dieu tu adoreras^ etc.

D. Vous voulez dire probablement que le respect pour les pères visibles est le fondement de l'ordre social, comme l'adoration et l'amour du Père invisible est le fondement de l'ordre religieux.

R. Oui ; ôtez la foi au Dieu créateur, conservateur, révélateur, seul digne de notre adoration et de notre amour.

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