LIVRE iii
vous aurez autant de dieux qu'il plaira à l'homme d'en inventer, et vous appelez l'athéisme, qui dira : Plus de dieux, plus de religion ! De même que, par le désaccord et l'opposition qu'on sèmera entre eux, les trois pouvoirs que Dieu a chargés de procréer et de conserver Tordre social tombent dans le mépris , vous verrez surgir autant de pouvoirs qu'il en faudra pour conduire la société à la mort par le chemin sanglant de l'anarchie.
Ces deux commandements sont donc fondam^itanx. Toud nos devoirs sociaux ont leur base et leur règle dans notre soumission respectueuse à l'autorité sociale , comme cette soumission a son principe et sa règle dans nos devoirs relira gieux, qui se résument tous dans l'adoration et l'amour de Celui qui est la source de toute autorité.
£n d'autres termes : nous ne serons jamais envers nos égaux et nos subordonnés que ce que nous sommes enverd nos supérieurs légitimes, et nous ne sommes envers ceux-ci que ce que nous sommes envers Dieu. Celui qui n'a pas appris à s'humilier amoureusement sous la volonté infiniment sage et toute-puissante du Père céleste, du Pontife des pontifes , du Roi des rois, ne saura jamais obéir à seé lieutenants dans la famille domestique, religieuse, politique.
Or l'enfant que l'orgueil rend insoumis à ses parents est un mauvais frère qui prêche la désobéissance et déteste ceux qui ne travaillent pas avec lui à la ruine de la maison.
L'homme qui s'insurge contre le pouvoir religieux n'a qu'un but : l'usurper. S'il ne prêche pas une fausse religion, il fait pis encore , en prêchant le mépris de toute religion.
Le factieux, ennemi du pouvoir politique, ne pousse ses concitoyens à la révolte que pour les asservir.