LIVRE III
couronné de gloire et d^honneur, et élevé avrdessiis des œuvres de mes mainsy s'est ravalé jusqu'à l'animal sans inteh licence et lui est devenu semblable. Ce chemin les cor^uit à la ruine, et pourtant ils s'y complaisent. Ils descendront comme un vil troupeau dans V abîme j et la mort en fera sa pâture (1).
Croyez-voos que Dieu se montre trop sévère en exigeant que nous conservions le rang sublime qu'il nous a assigné dans la création, et que nous ne tombions pas au-dessous des brutes en voulant vivre comme elles ?
JD. Au point de vue chrétien , le précepte est sans doute très-juste ; mais, hélas ! si l'esprit est fort, la chair estfaibUj et l'obligation pour l'homme de vivre en pur esprit soulève naturellement cette question : Qui donc pourra être sauvé (2) ?
R. Puisque vous citez la question des disciples, vous connaissez la réponse du Maître : Quant aux hommes ^ cela est impossible; mais pour Dieu tout est possible{i). Or Dieu, qui est trop juste et trop bon pour nous commander l'impossible, a mis nos organes sous Tempire irrésistible de l'àme , et celle-ci ne sera jamais vaincue que quand elle voudra l'être. Tes appétits sont som toi, et, si tu veux, tu les domineras (4) , disait Dieu à Gain agité par une passion non moins impérieuse que celle de la luxure. Croyez-le bien , cette âme humaine , assez grande pour embrasser d'un coup d'oeil l'univers et s'élever de là, en un clin d'oeil, au-dessus des cieux visibles ; cette âme assez forte pour dire à son organisme : Je veux que tu abattes cette montagne ou que tu la perces de part en part ; cette âme qui , chaque jour, dit à cet organisme : Ya te mettre à la bouche de ce canon , à la pointe de ces baïonnettes, et garde-toi de laisser paraître le moindre frisson ! celte âme , dis-je , a cent