‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 169 sur 230 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

la foi à respecter la loi saintement mystérieuse par laquelle Dieu perpétue le phénomène divin de la vie, ne sera jamais grand ni dans sa pensée ni dans ses œuvres. Mais les esprits sacrilégement frivoles qui se font un jeu public de cette loi sont condamnés à errer dans les ténèbres , à se consumer dans les agitations de l'impuissance, à n'élever que des ruines. Donnons en exemple deux faits généraux.

Premier fait. — D'où vient que les descendants des puissantes races qui fondèrent au moyen âge, ici des monarchies à répreuve des orages et qui ne faisaient que grandir avec les siècles, là des républiques, petites par le territoire, mais grandes par leur renommée militaire, commerciale, et leur durée; d'où vient, dis-je, que les descendants de ces races n'ont su que démolir ce que leurs ancêtres avaient élevé ? D'où vient que la politique moderne, révolutionnaire ou soi-disant contre-révolutionnaire, n'a fait que s'embarrasser dans ses œuvres, que s'ensevelir sous ses constructions les plus vantées, et vérifier par ses vertiges la parole de nos prophètes : Ils se sont troublés et agités comme un homms ivre; toute leur sagesse a été dévorée... Le mépris s*est répandu sur les princes, et les a jetés \hors de leur voie... Ils n'ont rien su, rien compris; ils marchent dans les ténèbres ; aussi la terre est-elle ébranlée jusque dans ses derniers fondements ( 1 ] ?

Hélas ! qui ne le sait? les classes influentes se sont répan^ dues comme l'eau, et voilà pourquoi tout s'est affaissé sous leurs pieds et sous leurs mains. L'eau mêlée à la poussière a donné de la boue, et ce qu'on élève sur la boue retombe dans la boue. C'est l'Esprit du Seigneur qui crée et perpétue les nations, et cet Esprit ne demeure pa^ dans les hommes devenus chair (2).

Second fait. — Pourquoi de nos innombrables ateliers de poésie et de peinture ne sort-il plus de ces créations qui

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