‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 184 sur 230 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

repas à certaines époques , d'en retrancher qnelqnes mets, auriez-vous mieu]^ aimé qu'elle nous eût prescrit le cilice. les flagellations, des oraisons prolongées durant la nuit^ 1q sommeil pris sur la terre nue ou le carreau?

D. Je ne voudrais pas me charger de faire goûter cettç copimutation aux ennemis du jeûne et du maigre.

R. Cependant il faut mortifier notre chair, combattris cette gastrolâtrie , dont la fin^ dit saint Paul, est la confu^ sion et la mort (1), à moins que nous ne voulions fouler aux pieds la lettre et l'esprit de l'Évangile et lutter contre la conscience du genre humain , qui n'a jamais sépara l'idée de pénitence de celle de religion. Comment! voilà dans l'Asie plus de cent millions de sectateurs de Brahma qui se condamnent à un carême éternel, se privent par religion de la viande des animaux quelconques, terrestres, aériens, aquatiques, de l'usage des dépouilles animales, cuir, laine, etc.; — voilà les croyants de Mahomet qui renoncent toute leur vie au vin, aux boissons spiritueuses, et dont le jeûne du Ramadan surpasse en rigueur celui de nos trappistes (2) ; — et les adorateurs du vrai Dieu, qui ont vu le Saiot des saints se condamner à un martyre de plus de trente ans, et expirer dans d'horribles tortures pour effacer les péchés du monde, croiront pouvoir se moquer de toute abstinence ! ils repousseront, comme un joug intolérable, le jeûne consacré par l'exemple du Fils de Dieu , et dont il a dit : Il y a une espèce de démons qu'on ne peut vaincre que par la prière et le jeûne (3) ! La religion de la Croix exemptant ses sujets de toute pratique pénitentiaire, quelle absurdité! Cela ne peut entrer dans l'esprit que des philosophes de cabaret ou d'imbéciles biblistes qui , pour Tintelligence dp l'Évangile , en seraient toujours aux édifiants sermons de table dvL glorieux réformateur Luther.

(1) Ép. aux PMHpp,, m, 18, 19.

(a) reotemls durant U Jour mitnrel, car rien »'empéche te religieux mus^lipap de donner à l$t dél)pcl),e 1^ temps compris entre le coucher du soleil et son lever.

(3) stàfÀ Mattliiev, ]drit| to.

Le devoir religieux de mortifier nos convoitises sensuelles ane fois reconnu , il en résultait , pour l'Église ^ Fobligation de le réglementer. En s'en référant à la dévotion de chacun sur cette matière, que serait -il arrivé? Les lâches , c'est-à-dire le très-grand nombre , n'eussent jamais trouvé ni le temps ni les moyens de faire pénitence ; les fervents, toujours inquiets, n'eussent jamais cru en avoir fait assez. Bien de plus sage donc qu'une loi générale, excitant la paresse des uns , modérant la ferveur des autres.

Et croyez que l'observation de cette loi , nécessaire au point de vue du salut éternel, importe plus qu'on ne pense au salut dans le temps , sous le rapport de la moralité , de l'hygiène, du commerce^ de l'industrie agricole, etc. D. Cette assertion trouvera beaucoup d'incrédules. K. Oui , dans le grand peuple des myopes. Gomme vous n'appartenez pas à cette espèce, voici les sujets de méditation que je vous recommande.

I. L'honmie qui ne sait pas refuser à son corps la transgression des lois de l'Église , ne lui refusera pas davantage la transgression des lois de Dieu. La petitesse d'esprit qu'il trouve à s'abstenir le vendredi de ce qu'il a mangé le jeudi, il la trouvera aussi, parfois , à s'abstenir des excès qui portent la honte, le déshonneur, la mort dans les familles. Si vous rencontrez un contempteur des deux dernières lois de l'Église , qui soit irréprochable à l'endroit des sixième et neuvième commandement de Dieu , hors le cas d'un tempérament exceptionnel , vous aurez fait une belle découverte. La prière , augmentant la vie de Tàme, et le jeûne ^ modérant celle du corps : telles sont les armes irremplaçables que le Maître des vertus nous a données contre le démon de la luxure.

II. Laissez se généraliser le mépris des lois du jeune et de Tabstinence , les septième et dixième commandements : Bien d' autrui ne prendras , ni convoiteras , seront d'abord mis en oubli, puis systématiquement combattus comme coQsucrant une grande iniquité sociale. Remontes à la cause

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