LIVRE m
géûérale des crimes contre la propriété , et du succès prodigieux des belles doctrines du communisme : vous verrez que cette cause est toute dans l'horreur des privations, des abstinences , et dans le dogme sensualiste : l'homme ne vit . que pour consommer et jouir.
m. Lisez sur cette matière les médecins qui se sont le plus distingués par la hauteur et l'étendue de la pensée , vous y trouverez d'excellentes raisons hygiéniques de l'institution du jeûne et de l'abstinence quadragésimale.
rv. Elevez-vous encore plus haut. Jetez un coup d'œil sur cet océan immense qui occupe une si grande portion de notre globe , pénètre dans l'intérieur des terres et les divise en continents. Là vivent une infinité d'espèces animales , dont la fécondité surpasse celle des animaux terrestres au delà de tout calcul(l), et dont la chair serait plus que suffisante à l'alimentation de la famille humaine. Voyez comment , pour nous épargner la peine d'aller les chercher au loin , les meilleures espèces de ces poissons se détachent chaque printemps des mers glacées du pôle , longent en colonnes serrées les côtes de l'Europe , de l'Amérique , de l'Asie y et s'offrent d'eux-mêmes aux filets du pécheur.
Maintenant, avec le perfectionnement de nos moyens de transport par mer et par terre , calculez les avantages qui résulteraient d'une plus grande consommation des animaux marins : l"" pour la nourriture des masses, qui ne vivent presque plus que de céréales d'une qualité inférieure , de légumes et de racines ; T pour l'industrie de la pêche et le commerce ; 3"" pour la conservation et la multiplication de notre bétail , toujours plus insuffisant pour les besoins de l'agriculture et de la consommation ; 4® enfin pour la prospérité du sol , qui souffre également de la diminution du bétail , de l'affaiblissement des bras qui le remuent et de la disparition rapide des principes fertilisants. Vous n'avez pas oublié ce que je vous ai dit , dans un chapitre , de la
(1) 11 y a telle morne qui contient dix millions d'œufs.
nécessité des substances animales pour la fertilisation des terres ( 1 ) ; eh bien , il est probable qu*en augmentant le riche tribut que nous offre la mer^ oa pourvoirait inieu^ à la conservation de Téquilibre universel , pn restituerait à nos campagnes une partie des sels précieux , des huiles végétales , des éléments coi^nus et incqiinus doi^t F^sence se fait sentir et pourrait expliquer plus d'un fl<^au.
En voilà assez y je pense, pour vqus mettre sur I9 voie <]e cette conclusion :
Il se pourrait que le même Esprit qui a assisté l'Église catholique dans l'établissement de ses lois eût ^ussi établi les lois de l'ordre moral et de l'ordi'e physique ; de sortie qu'en vivant dans la transgression habituelle des premières 9 les peuples chrétieqs pourraiept bi«Q triivaUler à leur ruine morale et physique,
CONCLUSION
pu TROIj|I]ÈME LIVRE.
Craindre Dieu , garder ies commandements, ù'e$t là tout Thommey nous dit l'Écriture (2).
Oui, c'est là tout Thomme : l'homme individuel et l'homme collectif; l'homme considéré dans l'universalité de ses rapports avec le monde des esprits et avec le monde matériel , avec la famille domestique , nationale, et avec I9 grande famille du çenre humain.
Le Décalogue , promulgué et appliqué par l'Église catholique , est la seule législation qui puisse réuiiir et dirijger dans le chemin de la vie temporelle et éternelle les individus, les familles, les nations , l'humanité entière. Toute législation qui ne la prend pas pour base est une législation de mort.
(1) Liv. i, premier fait^ cb. 5.
(2) Ecclésiaste, XU^ i^.
uyw m. 411
Dieu a sur les législateurs les p1a$ capables deux imagences ayantages ; la science et la puissance universelleg.
Dieu cono^it à fond les hommes , leur pa^é , leur pré-' sent , leur ayeoir^ le monde où commence leiir éducatiom ^ le n^ondâ où elle ^'achève. Il connaît tout cela, parce que tout cela est çon œuvre. C'est lui qui a établi et qui main^ tient les rçipports qui upia^ent entre elles les milliards do molécules que renferme notre organisme , les rapports de notre organisme avec la matière organisée et inpi^aniquci lesf rapports de notre esprit avec notre organisme et avea tous les esprits, Il est donc certain que, dans la loi qu'i) nous a don4ée, si courte qu'elle soit, aucun de ces rapports incalculables pour Toeil de l'homme n'a été mis en oubli ^ que tous les intérêts ont été conciliés , et que les hommeg n'ont qu'à suivre cette loi pour s'élever, comme il leur dit lui-même, à la parfaite immQrtçiUti^ pour s'approcher ék Dieu et atteindre au royaume iternel (1).
Dieu a la puissance universelle. ^— L'imprévu, qui joue uu si grand rôle dans la politique humaine et déeoncerfai tant de projets , n'entre pas dans le gouvernement divin^ La soumission de l'univers physique à son ordonnateur edt parfaite. L'ange et l'homme ont été orées libres de garder ou de transgresser la loi qui leur a été donnée ; mais leurs transgressions ont été prévues» et ne dérangent eu rien le plan général. Que les transgresseurs se pavanent sur le trône ou se cachent dans le réduit le plus obscur , qu'ils soient florissants de santé ou qu'ils descendent au sépulorif , ils restent souk la main de Dieu : en résistant à sa miséri-f corde, il3 servent sa justice et creusent de leurs main§ la fosse où ils seront la pâture de la mort (2)» — Il est donc ^vident que Dieu est le seul législateur qui puisse obtenir i sa législation la soumission de tous les peuples; et il n'y a pas eu elTet sous le soleil un peuple qui ne donne des sujets plus pu moins nombreux au Décalpgue catboli(Iue.
(1) Sagesse, VT, 19-21.
(t) Pti TH, 1»; ILYIH» U.
41 â LÀ PHILOSOPHIE DU CATÉCHISME CATHOLIQUE.
L'Europe ayait grandi durant douze siècles sous cette législation divine, devenue le fondement, l'âme de toutes ses lois et institutions ; elle avait laissé loin derrière elle les nations condamnées à une perpétuelle enfance par les législations des hommes , quand de misérables charlatans lui crièrent, yers 1520, qu'elle avait fait fausse route, que le flambeau de l'Évangile, éteint depuis des siècles entre les mains de la papauté, ne répandait plus qu'une fumée infernale et d'épaisses ténèbres. Une partie de l'Europe politique acclama les charlatans religieux , et ne fit plus dès lors que machiner la ruine du catholicisme.
Dans les États restés fidèles à la religion universelle, des charlatans philosophes et politiques ne tardèrent pas à se lever et à dire que la loi catholique, bonne tout au plus à sauver les âmes, devait rester étrangère au gouvernement de la société ; que celle-ci, fondée par la libre volonté des hommes, était exclusivement l'affaire des lois humaines, et qu'il était temps de donner aux peuples haletants sous des institutions gothiques et barbares des constitutions et des lois en harmonie avec leurs besoins et le progrès des lumières.
Depuis que ces idées ont envahi le monde politique, que d'efforts gigantesques pour construire des gouvernements modèles, des législations parfaites ! Certes, les génies constituants n'ont pas fait défaut. Ou les a vus apparaître par douzaines sur les trônes ; par centaines et par milliers dans la noblesse de robe et la bourgeoisie tenant plume, ivres de Y Esprit des Zois;par millions dans les rues, éclairées par le Contrat social . Il s'en est trouvé parmi les échappés des bagnes et de la corde, et leur école est encore plus nombreuse que celles de Montesquieu et de Rousseau (Babeuf, Mazzini).
L'ancien monde ne compte guère plus de huit à dix législateurs» et leurs travaux réunis n'excéderaient pas un volume de médiocre dimension. La politique moderne na besoin que d'un chiifon appelé charte constittUionnelle^