‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 195 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

! Ç.^sj^l'^W^^ti^P €» faveur du tçmp^. de jDavid, et qu'il £armule ainsi : Xe& fils des étrangers (des infidèles) ;sont des 2i^^ps ^igoureitëes et brillantes de jeunesse ^ leurs filles s'élipenj pleines de grâces et ornées comme des temples. Leurs n^agasins regorgent de richesses. Leurs troupeaux, d'une [écpndité prodigieuse^ remplissent leurs rues et leurs champs; leurs fiœufs sont chargés de graisse. On ne voit ni muraille^ ébréchéesy ni maisons en ruine. Un ordre parfait règne dans leurs villes. Heureux^ ont-ils dity le peuple qui jouit de ces biens (1) ! ' >

, C'est l'objection des derniers champions des dieux de l'empire romain, aux, quatrième et cinquième siècles, alors que les Symmaque, les Libanius, etc., écrivaient : <i C'est le culte immémorial des dieux qui, a repoussé Annibal de nos murailles, les Gaulois du Capitole, qui a rangé le,monde sous nos lois et valu à Rome une ptQspérité inouïe. Que npus a apporté la nouvelle religu>n.»^.Le$ fatnine^, les pécheresses , les inondations et le pite des fléaux : l'invdâlon des barbares ; » objection qui exerça la plume dés Ambroise, deç Jérôme , des Prudence , et qui nous a valu les vingtdeux livres de la Cité de Dieu. « ,

Enfiu, c'est l'objection dont nous assourdissent les admirateur^ de la prétendue émancipation religieuse du sei-; 4ènie siècle. « De cette époque, discutais , datent tous les progrès : le progrès scientifique, et littéraire, le progrès politique, le progrès agricole, industriel, commercial. Parcourez l'Europe et le nouveau monde, coinf^arez. peuples à peuples, religion à religion, vous verrez partout les hatiaps protestantes primer par l'activité industrielle, commerciale, et par l'intelligence de ce qui constitue le bien-être d'uii peuple. Que trouvez -vous, au coiitraire, dans les pays dont le catholicisme, routinier de sa nature, immobilise la pensée ? Quelques richesses imprôdpetives dans les églises et les couvents , de la médiocrité et beaucoup de somnolence

(1) PS. CXLIIIy 12-15.

432 LA PHILOSOPHIE Dt CATÉCHISME CATHOLIQUE.

dans les classes bourgeoises ; au-dessous, le spectacle delà misère, de la fainéantise , de la mendicité. L'amour de la liberté ne s'y manifeste que par des commotions révolutionnaires. Dans les populations mixtes, vous distinguerez les enfants de la réforme des croyants de la vieille Église, à la meilleure culture des terres, à l'élégance , à la propreté de leurs habitations et de leur personne, à plus de dignité dans leur maintien , à plus de sobriété et d'éloigneraent du vice grossier de Tivrognerie, etc. »

Voilà ce que disent les plus modérés, et ils en concluent que , si l'Église catholique a de grands avantages sur ses rivales, au point de vue historique et religieux, celles-ci ont rendu de grands services dans l'ordre temporel, et que si la première est favorable à l'ordre par son respect pour l'autorité et les traditions , les autres sont nécessaires à la liberté, sans laquelle l'autorité dégénère en despotisme, la tradition en routine, l'ordre en apathie.

D. Ne conviendrez-vous pas qu'il y a du vrai dans ce parallèle des nations catholiques et protestantes ?

R. Oui, il y a du vrai, comme dans tonte objection; mais le parallèle porte complètement à faux , et la conclusion qu'on en tire contre le catholicisme est une déraison.

Pour apprécier la valeur respective du catholicisme et du protestantisme par les résultats sociaux quelconques de l'un et de l'autre, chez les nations qui les professent, il faudrait avoir une nation réellement protestante ; je veux dire une nation qui, non contente de professer la liberté d'examen en théorie, la réalisât dans la pratique, la prît pour base et règle de ses mœurs , de ses institutions , et qui pût nous dire : « C'est le protestantisme qui m'a faite ce que je suis. » Or cette nation n'existe pas.

Vous avez vu (liv. P% IV* Fait, ch. m et IV) que, dans leur système d'éducation religieuse, domestique et civile, les protestants suivent de point en point la méthode catholique ; que ce que les individus croient et pratiquent en religion, ils le doivent, non à leurs recherches personnelles.

Page 1