‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 201 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

croire que celui-ci soit un simple accès de rage contre les gouvernements. Qu'est-oe que le soeialisme? C'est le despotisme parlementaire transporté de la bourgeoisie à la partie révolutionnaire des masses ^ par le suffrage universel. Chez des peuples formés par le catholicisme à Fesprit d'égalité en matière de droits civils, on ne pouvait proclamer le dogme de la souv^aineté nationale, comme a fait le libéralisme anglomane, sans se voir obligé, une fois ou l'autre^ d'étendre à l'universalité des citoyens l' exercice des droits politiques. Or les majorités créées par le suffrage universel devaient naturellement marcher sur les traces des majorités issues du suffrage restreint. Le parlementarisme bourgeois n'ayant rien négligé pour démolir ce qui lui faisait ombrage, l'influence religieuse et l'influence monarchique, et former une société indifférente à tout, excepté au culte de l'or et des jouissances, le parlementarisme populacier ne pouvait manquer de proscrire la bourgeoisie, de décréter le nivellement des fortunes, c'est-à-dire regorgement général.

Le socialisme pillard et égorgeur n'est donc point un accident; c'est la conséquence rigoureuse et parfaitement logique de l'emprunt que l'on a fait à l'Angleterre de ses institutions féodales, rétrogades, et de ses libertés mensongères. Cette affreuse conséquence, comment Ta-t-on évitée en France, comment l'évîtera-t-on ailleurs? En se réfugiant sous la dictature monarchique. Voilà donc les pro-^ grès politiques que l'Europe doit au protestantisme. Au-^ jourd'hui, comme au seizième siècle, il oblige encore les nations chrétiennes à s'estimer heureuses de trouver des épées qui leur garantissent la liberté de vivre.

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